3. La lutte
Une fois l'accident survenu, deux grands types d'interventions doivent être distingués : d'une part, celles qui visent à limiter ou enrayer le déversement d'hydrocarbures et à assurer la protection des zones sensibles du littoral ; d'autre part, celles qui consistent à nettoyer l'environnement pollué en récupérant tout ou partie de la cargaison.
• La lutte en mer
Les différentes techniques
Pour enrayer les déversements, différents procédés peuvent être utilisés. Ceux qui consistent à colmater les brèches par lesquelles se répandent les hydrocarbures sont rarement praticables ou efficaces. On cherche le plus souvent à remorquer le navire endommagé, soit vers le large (loin des zones sensibles de la côte), soit vers des ports de refuge (où l'on pourra agir dans des conditions optimales), ce dernier choix étant loin d'être facile à faire compte tenu des risques encourus, et sans certitude que le nettoyage soit effectif et totalement financé. On peut aussi chercher à échouer le navire sur un haut-fond afin de transférer sa cargaison dans des pétroliers de taille réduite (Sea Empress). Ce type d'intervention est également applicable aux fragments de navires qui se sont brisés en mer, lorsque leur état le permet.
La pose de barrages flottants a pour but de circonscrire les nappes dans un périmètre limité et de protéger les zones sensibles ou fragiles ; associée au pompage de la nappe d'émulsion – lorsque celle-ci est suffisamment épaisse –, elle peut donner des résultats. La vidange des cuves contenant encore du pétrole est également envisageable si la structure du pétrolier accidenté est restée en bon état (cas de l'Exxon Valdez), ce transfert vers un pétrolier allégeur permettant alors de limiter les quantités d'hydrocarbures répandues dans le milieu. Toutefois ces deux méthodes – sensibles aux courants, aux vents, aux effets de la houle et des vagues – ne peuvent être utilisées que par temps calme et dans des lieux peu agités et d'accès facile.
La destruction par le feu des hydrocarbures contenu […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 12 pages…



