Les noms des tankers Torrey Canyon, Amoco Cadiz, Exxon Valdez, Braer, Erika et Prestige retentissent comme autant de catastrophes ayant marqué l'opinion publique européenne depuis la fin des années 1960. À chaque fois se pose la question des risques inhérents au transport par voie maritime des hydrocarbures, sans parler des risques de pollution liés à l'exploration et à l'exploitation pétrolière en mer. Pourtant, depuis 1967, année du naufrage du Torrey Canyon, première grande marée noire dans les eaux européennes, des conventions internationales ont été signées, des réglementations ont modifié les conditions de navigation et de contrôle de la sécurité des navires pour limiter ces risques. Si, à l'échelle mondiale, les pollutions accidentelles majeures ont nettement diminué, elles laissent toujours derrière elles, lorsqu'elles se produisent, des traces qui mettent des années à s'effacer.
Les marées noires représentent en effet un véritable traumatisme pour les régions touchées. Elles ont un impact à la fois écologique, économique et sanitaire. Ces pollutions par déversement massif d'hydrocarbures sont des événements spectaculaires et tragiques, qui jalonnent l'histoire du transport maritime d'hydrocarbures. Sur le plan écologique, elles perturbent plus ou moins gravement les écosystèmes littoraux et marins, détruisent une grande partie de la faune et de la flore sur des centaines de kilomètres de côtes. Sur le plan économique, elles contaminent les produits de la pêche et de l'aquaculture pour des périodes de plusieurs mois à quelques années, nuisent à l'attrait des sites touristiques et entraînent de lourdes dépenses de nettoyage des côtes. Sur le plan sanitaire, elles libèrent dans l'environnement des produits cancérigènes par inhalation et par contact chez ceux, spécialistes et volontaires, qui se mobilisent pour faire disparaître leurs traces
1. Les causes
• Du pétrole de toute provenance
Une étude de l'Académie nationale des sciences des États-Unis, publiée en 1975, d […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 12 pages…



