4. L'indemnisation des dommages
La nature des dommages à indemniser est très variée. Les économistes distinguent, d'une part, le coût de la lutte, du nettoyage et de la restauration, d'autre part, des dommages économiques, marchands ou non. Ces derniers comprennent les pertes économiques, les pertes d'aménité (d'agrément) et, enfin, les dommages écologiques au sens strict. Pour des raisons de chronologie, et compte tenu de leur importance, les dépenses de lutte et de nettoyage sont traitées les premières. Ces travaux, en mer comme à terre, sont effectués par des organismes publics, des entreprises privées et des volontaires. L'État, qui en France assure la responsabilité directe des opérations dans le cadre des deux plans Polmar mer et Polmar terre, est conduit à avancer une grande partie des dépenses et à régler les entreprises sans attendre les versements du Fipol ou de l'assureur du navire. Pour cinq grands accidents (Amoco Cadiz, Haven, Sea Empress, Erika et Prestige), les coûts de nettoyage se sont élevés à près de la moitié du coût total (46 p. 100), les pertes économiques à un tiers (32 p. 100), les pertes d'aménité, évaluées pour l'Amoco Cadiz et le Sea Empress, à 15 p. 100 et les dommages écologiques stricts à 7 p. 100. Les opérations de nettoyage peuvent parfois apparaître après coup comme excessives et même se traduire par des déséquilibres écologiques supplémentaires. Dans certains cas, il aurait mieux valu laisser faire le temps et les énergies naturelles, qui sont plus lentes mais beaucoup plus douces que les techniques de nettoyage au Karcher ou au jet de vapeur.
Les dommages économiques proprement dits, correspondant aux pertes marchandes, sont relativement faciles à évaluer. Il s'agit de comptabiliser toutes les opérations marchandes qui ne se sont pas déroulées à cause de la marée noire, depuis les sorties des navires de pêche jusqu'à la moindre consommation de produits de la mer, en passant par le manque à gagner du tourisme (ce dernier poste étant plus diff […]
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