Humaniste français, fils d'un juriste, Marc-Antoine Muret commence en province — selon un itinéraire encore mal connu — une brillante carrière de professeur. Parmi ses élèves figure Montaigne au collège de Guyenne. Le voici ensuite à Paris, au collège de Boncourt, et il contribue de 1551 à 1553 à révéler les textes anciens à Rémi Belleau ou Étienne Jodelle. En 1554, une accusation de sodomie le contraint à s'exiler en Italie, à Venise, où il fréquente l'éditeur Paul Manuce, à Padoue et à Ferrare. Rattaché à l'université de Rome à partir de 1563, il s'efforce d'y maintenir l'enseignement du grec, et pratique l'explication comparative des auteurs grecs et romains. Il enseigne aussi le droit, selon la méthode française de Cujas. Muret aime son métier, malgré l'indiscipline de ses élèves. Il est également l'orateur officiel des rois de France auprès des papes. Ce savant consulté de tous les points de l'Europe est fait citoyen romain. Il finit sa vie dans les ordres, sans cesser d'enseigner.
Muret est d'abord un philologue, qui a laissé des éditions de Catulle, d'Horace, de Térence, de Tibulle, et des commentaires de textes philosophiques, par exemple la République de […]
