Poète et dramaturge français, l'une des gloires — mais la plus méconnue — de la Pléiade, Jodelle est aussi musicien, peintre, architecte, orateur et « vaillant aux armes ». Élève de Muret au collège de Boncourt, il fait jouer dès l'âge de vingt ans une pièce, Eugène, première tentative pour créer une comédie nationale. Jodelle semble avoir écrit une autre comédie, La Rencontre, qui, elle, est perdue. Il donne aussi une Cléopâtre captive, qui pose d'emblée les fondements de la tragédie classique : quand le rideau se lève, Antoine est mort, et le destin de Cléopâtre arrêté ; comme plus tard l'héroïne de l'autre tragédie que nous avons conservée de Jodelle, Didon se sacrifiant, elle n'a plus qu'à mourir. L'action est réduite au minimum et ne s'étend que sur quelques heures ; la pièce est un lent cérémonial éclatant et glacé, un long chant tragique. La fête dramatique du carnaval de 1553, au cours de laquelle sont représentées les deux œuvres, scelle l'union du collège de Boncourt et de celui de Coqueret d'où est issue la Pléiade ; elle marque aussi l'avènement en France d'un théâtre nouveau, salué avec enthousiasme par le public lettré et par les […]
