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LOCUTEUR

Dans le schéma de communication, on donne le nom de locuteur à la personne qui parle ; on l'appelle aussi parfois émetteur ou destinateur. Le locuteur s'oppose alors à l'auditeur ou, dans ces autres terminologies, au récepteur ou destinataire. La notion de locuteur a l'avantage de cerner une fonction mobile dans la situation de parole, ce qui a des implications à la fois psycho-linguistiques et sémiotiques. Ainsi, chacun est alternativement locuteur et auditeur, ce qui suppose une attitude différente en face du code, selon que le message est encodé en vue de la production ou décodé en vue de la reconnaissance. Mais c'est aussi en fonction du locuteur que se constitue le réseau complexe des aspects ; on a alors affaire à deux perspectives possibles selon que le procès est contemporain ou non de l'acte de parole, discours ou récit, sans compter les cas où peut se produire une « énonciation seconde », c'est-à-dire le discours rapporté. Le référent advient de l'exclusion des partenaires de la communication, ce que la langue traduit par le recours à la troisième personne. Autre fonction dévolue au locuteur, la quantification des unités qu'il pose dans l'univers du discours. Mais des limitations existent en contrepartie : notamment, le locuteur ne peut s'adresser d'injonction, car le rapport pragmatique du sujet à lui-même n'obéit pas aux mêmes règles que lorsque la communication met en jeu un autre, fût-ce dans l'introspection.

Une autre dissymétrie repose sur l'aperception immédiate de sa propre pensée par le sujet, même si l'on introduit dans le schéma les distorsions de la censure : celles-ci restent alors bien en deçà des difficultés rencontrées à percer la pensée d'autrui, et le cogito cartésien, quelles que soient ses approximations sur le plan de la définition du sujet, demeure néanmoins une expérience strictement personnelle. Il s'ensuit qu'on doit reconnaître le poids non négligeable, sur l'ordre du message, de la recherche de l'effet produit sur le destinataire, […]

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CATÉGORIES LINGUISTIQUES

Écrit par :  Robert SCTRICK

… *Malgré les fréquents glissements que l'on constate dans l'usage et qui tendent à confondre l'emploi de ce mot avec celui de classe, on peut, au sens étroit, assigner au terme de catégories un rôle essentiellement métalinguistique : en effet, alors que la classe est l'ensemble des éléments de la langue présentant telle ou telle propriété, ce qui les… Lire la suite
CHOMSKY NOAM (1928- )

Écrit par :  Jean-Yves POLLOCK

Dans le chapitre "Le savoir linguistique"  : …  répondre aux deux questions suivantes :

1. Comment caractériser le savoir linguistique d'un* locuteur – Pierre, John, Mamuro, etc. – maîtrisant la langue de sa communauté ?

2. Comment ce savoir linguistique, cette « langue interne » (LI) est-elle acquise ? Un examen même superficiel suffit à attribuer à la langue interne de tout… Lire la suite
COMPÉTENCE & PERFORMANCE, linguistique

Écrit par :  Louis-Jean CALVET

… *Dans la terminologie de la grammaire générative, le comportement linguistique d'un locuteur est défini par un couple de concepts : compétence, ou savoir linguistique du locuteur, et performance, ou réalisation concrète de ce savoir linguistique dans des actes de communication, qu'il s'agisse d'émission (le sujet fait des phrases) ou de réception (… Lire la suite
DIALOGUE

Écrit par :  Françoise ARMENGAUDRobert MISRAHI

Dans le chapitre "Du dialogisme au dialogue"  : …  qu'il semble procéder de quelqu'un que par le fait qu'il est adressé à quelqu'un ». À lui seul le *locuteur « n'est plus le maître du mot », non pas seulement parce que ce dernier est extrait d'un stock commun de signes virtuels, mais parce qu'il est « le produit de l'interaction verbale du locuteur et de son allocutaire ». Le moindre signe ne… Lire la suite
DISCOURS

Écrit par :  Barbara CASSIN

… *Le terme de discours (du latin discurrere, « courir çà et là ») n'est pas à l'origine directement lié au langage. Quand, dès la fin de la latinité (cf. Codex Theodosianus, IX, xxiv, 1), discursus prend le sens de discours, c'est d'abord comme chemin hasardeux de la conversation et de l'entretien, avant de… Lire la suite
ÉNONCIATION

Écrit par :  Oswald DUCROT

Dans le chapitre "Terminologie"  : …  Dire qu'une suite linguistique produite par un *locuteur constitue un énoncé, c'est dire d'abord que celui-ci s'est présenté, en la produisant, comme ayant eu pour but de dire ce qui est dit en elle. Supposons que quelqu'un pose la question : « Est-ce que Pierre est venu pour voir Jean ? » Le nom Pierre ne constitue pas, ici, un… Lire la suite
ETHNOMÉTHODOLOGIE

Écrit par :  Louis QUÉRÉ

Dans le chapitre "L'analyse de conversation"  : …  L'analyse de conversation étudie comment *les interlocuteurs organisent séquentiellement leur conversation. Parmi les aspects étudiés, on peut relever : les ouvertures, les clôtures, l'initiation d'un premier thème de conversation, le passage d'un thème à un autre, ainsi que la gestion des tours de parole. Des études ont aussi été consacrées à la… Lire la suite
FOUS LITTÉRAIRES

Écrit par :  Jean-Jacques LECERCLE

Dans le chapitre "Situations du locuteur"  : …  excès langagier, on voit qu'il ne fait que suivre l'exemple de la langue. La différence avec le *locuteur « normal » est que celui-ci s'arrête plus tôt, résiste mieux aux sollicitations de son langage. Cela montre cependant la fragilité de la maîtrise du locuteur sur sa parole. Cette perte de maîtrise n'est pas le propre du fou littéraire, et l'… Lire la suite
FRANCE (Arts et culture) - Les langues régionales

Écrit par :  Jean SIBILLE

Dans le chapitre "Nombre de locuteurs"  : …  *Le nombre de locuteurs des différentes langues n'est pas connu avec précision. Les langues des D.O.M.-T.O.M. sont encore largement majoritaires dans les sociétés concernées, et leur transmission familiale s'avère encore vivace. Les créoles à base lexicale française comptent plus de 1 500 000 locuteurs. Le tahitien est parlé par quelque 150 000… Lire la suite
LANGAGE PHILOSOPHIES DU

Écrit par :  Paul RICŒURJan SEBESTIK

Dans le chapitre "Le recours au langage ordinaire"  : …  sens et sa référence), l'aspect illocutionnaire (affirmation, ordre, conseil, prière) qui engage le* locuteur et l'aspect perlocutionnaire (ce que nous produisons en effet par ce que nous disons) appartiennent à une description générale de parole qui doit être mise en parallèle avec les fonctions de la communication de Jakobson. On trouve ainsi… Lire la suite
LINGUISTIQUE & LITTÉRATURE

Écrit par :  Pierre KUENTZ

Dans le chapitre "Poétiques"  : …  en réduisant son domaine à la seule communication d'information ou à la seule activité d'un *locuteur solitaire. On assiste là à un chassé-croisé analogue à celui qui se jouait autour de l'écart. Les fonctions secondaires ne sont nommées que pour mieux en assurer l'évacuation. Mais cette évacuation est, en fait, le but de l'opération. En… Lire la suite
LITTÉRATURE ÉPISTOLAIRE

Écrit par :  Alain VIALA

Dans le chapitre "La communication épistolaire"  : …  privilégiant la relation entre celui qui s'exprime et le destinataire, une relation où le* locuteur exerce par son propos une action sur son auditeur ou lecteur pour l'informer, l'émouvoir ou le convaincre. Cependant, la correspondance et l'entretien oral diffèrent sur un point essentiel : la lettre est une communication à distance, et… Lire la suite
MÉTAPHORE

Écrit par :  Jean-Yves POUILLOUX

Dans le chapitre "Deux extensions remarquables : Jakobson et Lacan"  : …   du langage et deux types d'aphasie), d'avoir développé la thèse selon laquelle tout sujet *parlant accomplit, pour fabriquer une phrase, deux opérations : l'une de choix sémantique à l'intérieur du corpus qu'il connaît, l'autre de combinaison syntaxique des éléments choisis. Ce faisant, il y retrouve les deux procédures épinglées par la… Lire la suite
PERSONNE GRAMMATICALE

Écrit par :  Robert SCTRICK

… *Modalité portée, explicitement ou implicitement, par le verbe dans l'énoncé et renvoyant aux différents cas du schéma de communication. Si l'on envisage la phrase nominale, et sans tenir compte de certains éléments isolés qui peuvent à eux seuls fournir un énoncé complet (« déjà ? », « interdiction de prendre des photos »), plusieurs configurations… Lire la suite
PLURILINGUISME

Écrit par :  Pénélope GARDNER-CHLOROSAndrée TABOURET-KELLER

Dans le chapitre "Langues en contact"  : …  que c'est là que se situe le moment du contact. Alors, le lieu de contact ne peut être autre que le* locuteur. L'observation courante montre que tout individu bilingue, à un moment ou à un autre et de manière plus ou moins marquée, parle l'une de ses deux langues, voire toutes les deux, avec quelques particularités. Généralement, c'est le cas de la… Lire la suite
PRAGMATIQUE

Écrit par :  Francis JACQUES

Dans le chapitre "Le grand bond"  : …  s'agisse de ses implications sur l'analyse linguistique ou de ses présuppositions philosophiques. *La notion d'intention communicative dirigée vers une audience maintient le privilège du locuteur, que Ziff (1967) dénonce comme inacceptable. La solution de Grice (1957) ne peut éviter une itération d'intentions du second, du troisième, du quatrième… Lire la suite
PROBLÈMES DE LINGUISTIQUE GÉNÉRALE II, livre de Émile Benveniste

Écrit par :  Gabriel BERGOUNIOUX

Dans le chapitre "« L'homme dans la langue »"  : …  logique, la langue est utilisée pour émettre des jugements indépendants du locuteur) et énonciatif. *Alors que la proposition « Socrate est un homme » a une valeur universelle, la valeur de vérité de la proposition « Je suis une femme », à cause du « je » qu'elle contient, dépend de la personne qui la profère. Des éléments de la langue « à statut… Lire la suite
RHÉTORIQUE

Écrit par :  Françoise DOUAY-SOUBLIN

Dans le chapitre "Perspectives"  : …  deux variantes ou « lectes » ne soit considérée comme une « faute » ni un « écart à la norme ». Les *locuteurs cessent donc d'être interchangeables : souvent A, qui dit a, ne pourrait pas dire b, et B, qui dit b, ne pourrait pas dire a ; et pourtant, s'ils se comprennent, c'est que chacun d'eux sait – ou sent – que a dit par A est l'équivalent de b… Lire la suite
STRUCTURALISME

Écrit par :  Jean-Louis CHISSMichel IZARDChristian PUECH

Dans le chapitre "Principes généraux"  : …  modalisateurs, etc.) porte la trace systématique et manifeste, objectivée, de la subjectivité des *locuteurs. Là encore, ce n'est donc pas la subjectivité toute-puissante, infiniment variable dans ses manifestations discursives, qui les intéresse, mais plutôt la subjectivation contrainte par le jeu des règles systématiques de la langue. – La… Lire la suite

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