2. Position de liquidité selon la théorie des choix des emplois de l'actif
Un agent a un capital monétaire à utiliser entre divers placements dont il connaît la probabilité des rendements (intérêt et plus-value). Son but est d'obtenir le meilleur résultat en terme de rendement et de risque. Or ces deux objectifs sont antagoniques.
Supposons d'abord que le risque n'est pas ressenti par l'agent. Celui-ci gère alors son portefeuille de façon simple. Pour toutes les durées d'inutilisation de ses ressources monétaires, il achète l'actif financier qui a le plus fort rendement. Ainsi, un comportement ignorant le risque conduit à ne pas diversifier ses placements, à simplement rechercher l'immobilisation réelle ou financière la plus rentable. Mais cet investisseur court un risque financier et un risque monétaire.
Le risque financier se manifeste comme la décroissance de la courbe d'avantage marginal du placement. Il suffit simplement, pour l'établir, de constater que le bon sens commun et les ouvrages sur la Bourse conseillent de ne pas « mettre tous les œufs dans le même panier ». Un agent qui ressent ce risque diversifie son actif et y inclut des titres à taux de rendement plus faible. Cet élargissement des emplois va-t-il jusqu'à englober la monnaie ? Oui, parce que celle-ci, à la différence des autres actifs, est à rendement certain et ne fait courir aucun risque à qui la détient. Sa certitude découle du fait qu'elle est à la fois actif de paiement et actif de placement. Aussi, lorsque le risque financier est suffisamment ressenti, il y a, pour le réduire, thésaurisation (bien sûr, moins importante en période d'inflation génératrice de plus-values pour les placements non monétaires).
Le risque monétaire découle de l'immobilisation des avoirs. L'agent ne peut plus faire face à des pertes de revenus et dépenses additionnelles imprévues, ni réaliser en cours de période des plus-values.
Ainsi, la thésaurisation monétaire résulte, d'une part, d'une volonté de diversification du portefeuill […]
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