3. La liquidité monétaire de l'économie
La liquidité monétaire de l'économie est mesurée par un rapport V défini comme le produit national brut (P.N.B.) sur la masse monétaire (M), et que l'on appelle la « vitesse-revenu » de la monnaie. Si elle est élevée, l'économie est peu liquide et utilise intensément ses actifs monétaires (et inversement).
La « vitesse-revenu » V de la monnaie augmente si le taux de croissance du P.N.B. est supérieur à celui de M. On peut poser, d'une part, que l'encaisse monétaire se ventile en M1, somme d'actifs de paiement, et M2, somme d'actifs de placement, et, d'autre part, qu'il y a une relation de stricte proportionnalité entre M1, encaisse de transaction, et le P.N.B. Donc, la hausse de V implique que M1 croît plus vite que M, qu'il y a déthésaurisation et baisse de la préférence pour la monnaie. Inversement, un ralentissement de V correspond à un taux de croissance du P.N.B. et de M1 inférieur à celui de M. Alors, M2 se développe plus vite et la monnaie est plus détenue en « portefeuille » qu'antérieurement. Ainsi, l'inverse de V est une mesure très précise de la position de liquidité monétaire de la collectivité.
L'évolution de cette vitesse obéit, d'ailleurs, à la logique des choix sus énoncée. Elle diminue lorsque les agents économiques vivent une phase conjoncturelle d'enrichissement réel dans la stabilité des prix. Alors, dans tous les pays développés, la masse de la monnaie, comme celle des titres, croît plus vite que le revenu global. La « vitesse-revenu » s'accélère en période de hausse des prix et du taux d'intérêt, puisque la monnaie, actif à prix constant, connaît une dépréciation relative. Les agents économiques souhaitent alors la convertir en actifs se revalorisant. Mais si ce désir peut être satisfait au plan individuel, il ne peut l'être au plan collectif. La monnaie existante doit nécessairement être détenue en caisse. La seule possibilité de ses possesseurs est de la faire circuler très vite. Cette accélération résulte de la seule conversion de M2 en M
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