7. Vers une typologie des variations individuelles
À mesure que s'étend le domaine de la libido paraît cependant se restreindre son contenu. Prenant pour thème initial l'expérience commune de l'appétit sexuel, nous avons en effet assisté à la construction de ce concept par vagues successives, chacun des temps de son élaboration traduisant un renforcement de la dépendance de la libido vis-à-vis de la pulsion. En un premier temps, sous la perspective génétique des Trois Essais sur la théorie de la sexualité, le concept de pulsion a pour fonction d'intégrer les stades du développement de la libido. En un deuxième moment, avec le déplacement du centre de la théorie de la névrose à la psychose – et, corrélativement, avec la manifestation de la fixation narcissique –, c'est à la notion de destinée pulsionnelle qu'il reviendra de soutenir l'hypothèse d'une désexualité de l'énergie libidinale. En un troisième moment, cette hypothèse se précise à la lumière de l'opposition de la pulsion de vie et de la pulsion de mort. En un dernier épisode, enfin, la généralisation de la libido sous les espèces de l'Éros l'ordonne de façon asymptotique à l'énergétique de la pulsion.
Encore est-il que par un effet d'entraînement, la pulsion réagit sur le concept de libido à la manière d'un révélateur, de manière à donner forme, notamment, à la notion d'un type libidinal. Si la pulsion, en effet, a émergé au cœur de la théorie, c'est que les polarités antagonistes qui la spécifient en son essence psychologique – renversement dans le contraire, retournement sur la personne propre, refoulement, sublimation dans le registre de la pulsion sexuelle, union et destruction dans sa forme généralisée – assignent au déroulement de l'existence ses points d'ancrage. Ainsi l'articulation du concept de libido à la pulsion, c'est-à-dire aux lois de la destinée pulsionnelle, dessinera-t-elle les goulets d'étranglement de l'appétit sexuel à travers les vicissitudes de l'histoire individuelle. Le recours des Trois Essais à l […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 17 pages…



