Répandue depuis le milieu du ixe siècle surtout à Bagdad, siège du califat, la coutume d'utiliser des régiments d'esclaves turcs (gholām) fut adoptée par les Samanides qui espéraient ainsi contrebalancer la puissance militaire de leurs seigneurs ruraux (dehqān) iraniens. Ce calcul se révéla faux ; à la mort de l'émir samanide Abd al-Malek en 961, le gholām turc Alp-tegin, commandant des forces samanides au Khorāsān, ayant vainement tenté de s'emparer de la succession, se retira à Ghazni. D'autres chefs militaires turcs suivirent son exemple et s'installèrent dans cette région limitrophe des possessions samanides et des territoires non islamisés de l'Inde où ils gouvernèrent au nom des Samanides. Les successeurs de Alp-tegin (mort en 963) furent incompétents ou faibles, à l'exception de Sebük-tegin (977-997) qui inaugura la pratique ghaznévide de razzier systématiquement les plaines de l'Inde. Ce fut son fils Mahmūd (998-1030) qui, parvenu à se rendre indépendant à Ghazni, se fit la réputation d'être « le fléau des infidèles », notamment par ses campagnes répétées en Inde (Multan, 1005-1006 ; Kangra, 1008 ; Thanessar, au nord-ouest d […]
