2. La maladie humaine
Quel que soit le leptospire en cause, la leptospirose associe à des degrés variables les manifestations suivantes : un syndrome fébrile correspondant au stade septicémique de la maladie ; durant quatre à sept jours en moyenne, des douleurs musculaires (myalgies) ou articulaires (arthralgie) ; un syndrome méningé d'intensité variable ; une réaction conjonctivale ; une atteinte rénale constante avec diminution de la quantité des urines (oligurie), qui renferment de l'albumine (albuminurie), des cylindres d'origine rénale (cylindrurie) et du sang (hématurie) ; une rougeur de la peau (exanthème) survient à la fin du cycle fébrile et disparaît en trois ou quatre jours. À ces signes fondamentaux peuvent s'ajouter : une hépatonéphrite, beaucoup plus fréquente dans la leptospirose ictéro-hémorragique que dans les formes dites mineures ; un syndrome hémorragique, assez rare en Europe mais répandu en Extrême-Orient ; une atteinte respiratoire, surtout dans le cas de L. grippo-typhosa.
L'aspect le plus typique et le plus sévère est réalisé par la leptospirose ictéro-hémorragique : après un début brutal avec fièvre, myalgies et syndrome méningé, l'ictère apparaît, qui dure une dizaine de jours et dont la manifestation coïncide avec une baisse de la température. Les signes rénaux s'accentuent et le taux d'azote dans le sang (azotémie) s'élève. Ces signes régressent rapidement ; puis, vers le quinzième jour, survient une rechute fébrile plus courte que l'épisode initial. À côté de cette forme schématique où domine l'hépatonéphrite, il existe des formes monosymptomatiques : rénales pures, méningées pures, fébriles pures, de diagnostic difficile.
La plupart des autres leptospiroses réalisent des aspects cliniques moins graves ; certaines sont toujours anictériques, telle la leptospirose à L. pomona, où domine le syndrome méningé.
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