Le complot dit de la Cagoule a été l'expression, sous le Front populaire, de l'opposition irréductible au communisme de l'extrême droite activiste. Il y a eu, en fait, plusieurs complots de la Cagoule, cette dénomination ayant été forgée par la grande presse de l'époque, avide de pittoresque plus que de vérité historique, pour désigner les groupes clandestins créés après la dissolution des ligues et leurs menées factieuses contre le gouvernement Blum, accusé de faire le lit de la révolution soviétique. La première société cagoularde fut l'Union des comités d'action défensive (U.C.A.D.), créée par le général Duseigneur, as de l'aviation en 1914-1918, et son ami, le duc Pozzo di Borgo. Prenant pour prétexte la défense des institutions républicaines, ils organisèrent des tournées en province, donnant comme consignes à leurs partisans inquiets du « danger marxiste » : « créez des comités de quartiers, stockez les armes » ; ils provoqueront ainsi l'intervention de la police. En relation étroite avec l'U.C.A.D., on trouve la plus sérieuse des organisations cagoulardes, le Comité secret d'action révolutionnaire (C.S.A.R.), dont le noyau dur était formé d'anciens Camelots du roi lassés […]
