Chef-lieu de la province qui porte son nom (54 022 km2), Kandahar est la deuxième ville de la république d'Afghānistān (plus de 300 000 hab. en 2002, Pachtoun et Tadjik). De 1994 à 2001, la métropole du Sud fut le siège du pouvoir taliban. Située au milieu d'une riche oasis irriguée par les canaux dérivés de l'Arghandāb et par les traditionnels kariz ou qanāt, important marché agricole (ovins, laine, fruits, tabac...), la ville est un très gros centre d'échanges (import-export via le Pākistān ; routes modernes vers Quetta, Hérat, Kaboul ; aéroport). Bien qu'elle tienne son nom d'Alexandre le Grand (Alexandrie d'Arachosie), son ancienneté est attestée ; le site de Mundigak, à 20 kilomètres, est occupé depuis le ~ IVe millénaire ; elle serait la Kapissa détruite par Cyrus. Éclipsée à l'époque islamique par Bost-Lashkargāh (résidence d'hiver des Ghaznévides et des Ghorides), la ville, que se disputèrent au xvie et au xviie siècle les Ṣafawides et les Moghols, eut son heure de gloire au xviiie siècle en parvenant à rejeter la domination ṣafawide et en devenant le fief d'un officier de Nāder shāh, Ahmad shāh Durrāni, fondateur de la première dynastie du royaume d'Afghānistān (1747-1842). Ahmad shāh (1747-1773) fit de Kandahar la capitale d'un vaste empire s'étendant du Khurāsān à Delhi. Son fils Timur shāh (1773-1793) transféra la capitale à Kaboul. Après la venue au pouvoir, en 1826, des Bārakzaï (Muḥammadzaï) et l'intrusion britannique, Kandahar fut occupée par les Anglais (en 1839, en 1842 et en 1879). À part un bazar pittoresque, le mausolée de Mir Vays (le « précurseur », qui fit de Kandahar sa capitale en 1708), les jardins et les rives de l'Arghandāb, la ville ne possède que peu de traces de son passé.
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Afghanistan Carte politique de l'Afghanistan
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Jean CALMARD
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