Élève d'Ingres et disciple de la première heure, Jules Ziegler appartient à l'histoire du romantisme français. Il en a fréquenté les acteurs, artistes et poètes, et partagé les valeurs. Son œuvre peint, marqué par l'Espagne de Zurbarán, témoigne de l'indépendance d'esprit qui régnait parmi les représentants de l'ingrisme sous la monarchie de Juillet. Mais sa contribution au renouvellement artistique s'étend aussi à la céramique d'art et à la photographie qu'il aborde en praticien audacieux et en solide théoricien. Cette figure oubliée des années 1830-1850 mérite à plus d'un titre l'intérêt qu'elle suscite à nouveau.
Maurice Denis n'a pas oublié de mentionner Ziegler dans le célèbre bilan de l'ingrisme qu'il rédigea en 1902 pour la revue L'Occident. Le peintre était selon lui condamné à ne plus jamais sortir de l'oubli qui recouvrait déjà son œuvre. Son éclectisme, si loin de la pureté d'Ingres et de la naïveté de ses meilleurs disciples, faisait de lui un apostat et presque un suiveur de Paul Delaroche. À la suite de Maurice Denis, les historiens d'art Louis Dimier, Léon Rosenthal et Henri Focillon ont confir […]
