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SALONS, livre de Charles Baudelaire

Les trois Salons publiés par Charles Baudelaire (1821-1867) en 1845, 1846 et 1859, (on peut leur ajouter le Salon caricatural auquel il collabora en 1846, en donnant le Prologue et en participant aux légendes des gravures satiriques des œuvres exposées) ne forment qu'une partie de son œuvre critique. Ils ont cependant assuré en grande partie sa renommée de critique d'art, moins de son vivant qu'après sa mort, et comptent aujourd'hui parmi les textes majeurs où se rencontrent l'art et la littérature.

1.  Dans la lignée de Diderot

Baudelaire avait été marqué par la lecture des Salons de Diderot, qui commençaient alors à paraître et dont on rapproche les siens aujourd'hui. Il se plaçait consciemment dans cette continuité. Les conditions de la critique d'art avaient pourtant changé depuis le xviiie siècle : le Salon était devenu une exposition régulière, annuelle à partir de 1831, qui présentait plus d'un millier d'œuvres, et parfois jusqu'à plusieurs milliers. La presse s'était, elle aussi, développée, et les conditions de la censure et du débat public n'étaient plus les mêmes : aussi chaque exposition suscitait-elle une littérature de plus en plus abondante, permettant à un public d'ailleurs considérable de se repérer dans la masse des tableaux, des sculptures, des estampes et des dessins exposés. Le genre du Salon est donc bien établi lorsque Baudelaire, sous le nom de Baudelaire-Dufäys, publie son premier compte rendu, en plaquette, à l'occasion de l'exposition de 1845. Il s'y montre assez classique dans le plan, suivant la hiérarchie académique, en traitant d'abord des tableaux d'histoire et des portraits, puis des tableaux de genre et de paysage, enfin de la sculpture, des gravures et des dessins, ainsi qu'en rangeant « les artistes suivant l'ordre et le grade que leur a assignés l'estime publique ». Cela ne l'empêche pas de commencer par celui qui est pour lui « le peintre le plus original des temps anciens et des temps modernes », c'est-à-dire Delacroix, dont la réputation n'était pourtant pas à l'époque totalement incontestée : sous des dehors traditionnels, Baudelaire fait passer sa propre hiérarchie et ses propres admirations.

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Pour citer cet article

JOBERT, « SALONS, livre de Charles Baudelaire  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le  . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/salons-charles-baudelaire/

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