Grande figure du socialisme français du xxe siècle, Jules Moch adhéra en octobre 1924 à la S.F.I.O. de Léon Blum, dont il épousa l'essentiel des idées, pour démissionner, le 31 décembre 1974, du Parti socialiste de François Mitterrand, dont il contestait la politique d'union de la gauche. Pendant près de cinquante ans, il occupa au sein de son parti une place éminente qui lui valut d'être de nombreuses fois ministre, sous la IIIe République comme sous la IVe.
Né à Paris le 15 mars 1893, fils du colonel Gaston Moch – fervent défenseur du capitaine Dreyfus –, il entre à l'École polytechnique en 1912. Il porte l'uniforme pendant huit années consécutives. Il entre ensuite, en 1920, dans l'industrie privée, travaillant d'abord comme ingénieur dans une entreprise de travaux publics, puis comme directeur d'une filiale de celle-ci dans les républiques baltes – ce qui le conduit à Moscou, séjour qu'il raconte dans La Russie des soviets (1925) –, enfin comme administrateur délégué d'une grande entreprise. Léon Blum, avec lequel il entretient depuis 1926 des liens d'amitié qui ne devaient jamais se relâcher, le pousse à la députation et il est élu, en avril 1928, à la Chambre des députés, où il représente la circonscription de Valence, siège qu'il conservera jusqu'en 1936. Membre de la commission des travaux publics et des moyens de communication, il est l'auteur de plusieurs propositions de nationalisation, notamment celle des chemins de fer. Battu au premier tour des élections de 1936, il est nommé par Léon Blum secrétaire général de la présidence du Conseil. Après la disparition du député socialiste de Sète, il est élu en 1937 dans l'Hérault, et Léon Blum le nomme sous-secrétaire d'État à la présidence du Conseil ; il sera ensuite promu ministre des Travaux publics et des Transports dans le deuxième gouvernement Blum (13 mars-8 avril 1938).
En septembre 1939, grâce à l'intervention de l'amiral Darlan (Rencontres avec Darlan, 1968), il s'engage dans la marine et participe à l […]
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