D’autres, avant lui, se sont essayés à l’orgue électrique – puis électronique –, à commencer par Fats Waller et Count Basie qui, dès la fin des années 1930, touchent de cet instrument. Celui-ci connaîtra des stylistes originaux : Wild Bill Davis, Brother Jack McDuff, Don Patterson, Lonnie Smith, Jimmy McGriff, Johnny Hammond Smith, Marlowe Morris, Milt Buckner, Bill Doggett et même Ray Charles. Chacun a laissé sa trace mais nul ne conteste à Jimmy Smith le titre de maître absolu de l’orgue Hammond.
James Oscar Smith, Jr., naît le 8 décembre 1928 (cette année est plus probable que 1925, souvent citée) à Norristown, en Pennsylvanie. Son père, pianiste professionnel, lui met très tôt les doigts sur le clavier. Après sa démobilisation, en 1947, il se perfectionne en piano et étudie la contrebasse. Engagé à Philadelphie comme pianiste dans la formation de rhythm and blues de Don Gardner (1951-1954), il a l’occasion d’écouter Wild Bill Davis à l’orgue Hammond et, séduit par son jeu, commence en 1953 à pratiquer cet instrument. Jimmy Smith saura exploiter toutes les possibilités du célèbre modèle B-3, commercialisé en 1955 : attaques sauvages, contrastes de puissance, flexibilité du phrasé, souffle inextinguible, couleurs nouvelles...
Il commence à se produire en solo en 1954 et adopte la combinaison, inventée par son maître Davis, qui va faire sa gloire : le trio orgue, guitare et batterie. En 1956, après d’é clatants débuts au Smalls’ Paradise et au Café Bohemia de New York, il entame une longue collaboration avec le batteur Donald Bailey (1956-1963) et entre dans l’écurie de la maison de disques Blue Note. Pour elle, il gravera jusqu’en 1963 – en compagnie d’Art Blakey, Donald Byrd, Lou Donaldson, Kenny Burrell, Lee Morgan, Jackie McLean, Stanley Turrentine... – une série d’albums qui font date : A New Sound, A New Star : Jimmy Smith at the Organ (1956), A Date with Jimmy Smith (1957), The Sermon ! (1958), Crazy ! Baby (1960), Midnight Special (1960)... Son triomphe au festival de Newport 1 […]
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