Le jeune Trintignant qui interprète l'amoureux timide de Brigitte Bardot dans Et Dieu créa la femme, de Roger Vadim, en 1956, est caractéristique de la discrétion que montre cet acteur subtil, intérieur, séduisant, contradictoire. Né à Piolenc (Vaucluse), le 11 décembre 1930, Jean-Louis Trintignant est le fils d'un industriel et le neveu du coureur automobile Maurice Trintignant. Il commence des études de droit à Aix-en-Provence, mais une représentation de L'Avare par Charles Dullin l'incite à suivre les cours de celui-ci à Paris. Il débute au théâtre en 1951 et est remarqué deux ans plus tard dans Responsabilité illimitée, écrit par Robert Hossein. La carrière de réalisateur de cinéma le tente, et il fait un bref passage à l'I.D.H.E.C. Il apparaît en 1956 dans Si tous les gars du monde, de Christian-Jaque, et dans La Loi des rues, de Ralph Habib. Après le succès du film de Vadim, puis deux années de service militaire, il revient au théâtre dans le rôle d'Hamlet. Mais c'est encore Vadim qui lui donne une nouvelle chance au cinéma avec son adaptation des Liaisons dangereuses (1959), où il campe le personnage de Danceny. Dès lors, il interprétera quelque cent trente films et téléfilms de genres très variés. Il travaille fréquemment en Italie, en particulier avec Valerio Zurlini (Un été violent, 1959 ; Le Désert des Tartares, 1976), Dino Risi (Le Fanfaron, 1962), Bernardo Bertolucci (Le Conformiste, 1970), Luigi Comencini (La Femme du dimanche, 1976), Ettore Scola (La Terrasse, 1980 ; Passion d'amour, 1981 ; La Nuit de Varennes, 1982).
Il forme, avec Anouk Aimée, le couple pathétique et émouvant d'Un homme et une femme, emporté dans le tourbillon de la mise en scène de Claude Lelouch, qui recueille un immense succès et obtient la palme d'or du festival de Cannes en 1966. Jean-Louis Trintignant devient une star du cinéma français. Il travaille fréquemment avec Lelouch (Le Voyou, 1970 ; Partir, revenir, 1985 ; Un homme et une femme, vingt ans déjà, 1986). C'est un autre type de jeu, entièrement soumis à l'i […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



