Auteur de films et, accessoirement, critique, essayiste et romancier. Après des débuts comme journaliste (L'Intransigeant), comme parolier (pour Damia), comme comédien (notamment pour Feuillade), comme assistant, comme critique (à Théâtre et Comœdia illustré), il tourne Paris qui dort (1923), puis Entr'acte (1924), qui veulent étonner et choquer, dans la ligne du dadaïsme (Clair est ami de Picabia et de Satie). Admirateur de Jacques Feyder, il va chercher dans l'image muette les façons d'exprimer l'intraduisible, dans deux films fantastiques d'abord (Le Fantôme du Moulin-Rouge, 1924 ; Le Voyage imaginaire, 1925), puis dans l'adaptation visuelle de deux comédies de Labiche, Un chapeau de paille d'Italie (1927) et Les Deux Timides (1928). Il y accumule les trouvailles, la verve, le rythme dans un montage analytique d'images minutieusement prévues dans un découpage précis.
Le parlant ne l'étourdit pas : au contraire, il le déçoit. « Il aurait dû venir, déclare-t-il, après la couleur et le relief. » Il se défend contre son ingérence, et s'amuse à introduire la chanson à couplets et la musique apparemment légère (mais signée Georges Auric, Georges Van Parys, Maurice Jaubert). C'est sa manière à lui de refuser le parlant intégral. Sous les toits de Paris, Le Million (1930), À nous la liberté (1931), Quatorze Juillet (1932), Le Dernier Milliardaire (1934) : pour d'aucuns, c'est la période faste, celle du « grand » René Clair, tendre, souriant, mélancolique parfois, un peu « fleur bleue », en pleine maîtrise de sa plume, de sa caméra et des possibilités offertes par le microphone. C'est l'époque aussi de la solide équipe de travail, avec Lazare Meerson aux décors et un petit groupe fidèle d'interprètes.
Passé en Angleterre (Fantôme à vendre, 1935 ; Fausses Nouvelles, 1937), puis aux États-Unis (La Belle Ensorceleuse, 1940 ; Ma femme est une sorcière, 1942 ; C'est arrivé demain, 1943 ; Dix Petits Indiens, 1945), il reste fidèle à son style. Clair joue avec les trucages, les fo […]
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