Philosophe, mathématicien et théologien, Lefèvre d'Étaples fut l'une des figures les plus fortes du début du xvie siècle. Après des études en France, en Italie et sans doute dans divers pays, il se fixe à Paris.
Ses premiers ouvrages concernent la philosophie d'Aristote, qu'il veut débarrasser des erreurs, surcharges ou réductions que lui a apportées la tradition scolastique. Il reprend les traductions partielles ou complètes données par Boèce, Bessarion et l'Arétin, et commente les textes, souvent avec une grande acuité, parfois aussi avec une grande naïveté. Sans doute le goût des chiffres et l'arithmologie tiennent-ils chez lui une place qu'un moderne juge outrancière ; reste que, de la Physique aux Politiques en passant par la Logique, le texte d'Aristote se retrouve nettoyé et difficilement utilisable dans le sens où l'avait pris jusqu'alors la tradition thomiste. Ce travail énorme accomplit ce que Rabelais définit comme : « débarrasser des gloses tant sales », c'est-à-dire ce qui caractérise la Renaissance.
En même temps, vers 1508, Lefèvre se consacre plus directement à la théologie et en particulier à la Bible. I […]
