Premier ministre israélien de 1974 à 1977 et de 1992 à sa mort, Itzhak Rabin fut l'un des derniers représentants de la génération de 1948, celle qui mena la guerre d'indépendance ; il fut aussi le premier chef de gouvernement sabra (Israélien né en Israël). Né à Jérusalem, d'une famille originaire d'Europe orientale (son père s'était d'abord installé aux États-Unis), Itzhak Rabin fait des études brillantes au lycée agricole Kadouri, l'une des meilleures institutions de l'époque, d'où sont issus de nombreux dirigeants de l'État. En 1940, au lieu de se rendre aux États-Unis en tant que boursier, il s'engage dans le Palmah (unité d'élite clandestine du mouvement kibboutzique). Il se lie alors notamment avec Moshe Dayan (son aîné de sept ans). Arrêté par les Anglais pendant quelques mois en 1946, il commande, à sa libération, un bataillon du Palmah (il est l'adjoint d'Yigal Allon, le chef de l'unité). Son rôle est très important dans les différentes batailles de la guerre d'indépendance et il devient l'un des officiers les plus en vue. Lorsque le Palmah, considéré comme gauchisant, est dissous par Ben Gourion peu après la création de l'État d'Israël, il décide de rester sous les drapeaux. Il suit les cours d'une académie militaire anglaise et gravit tous les échelons de la hiérarchie militaire, et est enfin nommé chef de l'état-major général de l'armée le 1er janvier 1964. C'est ainsi qu'il est appelé à diriger l'armée lors de la guerre de Six Jours (juin 1967). Il est alors considéré comme un héros national, et, lorsqu'il quitte le service actif, il est nommé, en 1968, ambassadeur à Washington, où il reste jusqu'en mars 1973. Il renforce les liens avec les États-Unis en insistant sur la dimension stratégique de l'alliance entre les deux pays : celle-ci doit dépasser le cadre idéologique et sentimental traditionnel pour refléter la communauté d'intérêt.
De retour en Israël, il est élu pour la première fois à la Knesset le 31 décembre 1973, sur la liste travailliste. Il occupe pendant quelques semaines le pos […]
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