Le leader palestinien Yasser Arafat incarne la figure doublement exemplaire de l'éternel combattant et de la victime dont le destin personnel résume celui de la Palestine contemporaine. Après une vie de lutte et d'errance, il devient le symbole vivant du retour des Palestiniens sur leurs terres. Mais, paralysé par les exigences israéliennes de sécurité, les surenchères de l’opposition islamiste et l'exaspération croissante de l’opinion, il quitte la scène en héros tragique, sans avoir pu concrétiser l'espoir d’un État palestinien.
1. Les années de formation
Mohamed Abdel Raouf Arafat al-Qudwa al-Husseini est né le 4 août 1929 au Caire où son père, originaire de Jérusalem, s'est installé deux ans plus tôt pour faire le commerce des épices. À la mort de sa mère, il est envoyé chez son oncle maternel, à Jérusalem, où il assistera enfant à la révolte palestinienne de 1936. C'est sans doute en référence à cet épisode que la biographie officielle du chef palestinien place sa naissance dans la Ville sainte. Sa carrière politique débute au Caire, où il effectue ses études. Très tôt parvenu à la conviction que le peuple de Palestine doit prendre en main son propre destin, il milite au côté des Frères musulmans égyptiens, sans jamais rejoindre leurs rangs, et participe avec eux, en 1951-1952, à la guérilla dans la zone du canal de Suez. En 1952, il est élu président de la Ligue puis de l'Union des étudiants palestiniens qui sera l'un des premiers laboratoires d'une pratique politique palestinienne. Il est officier de réserve dans l'armée égyptienne lors de la guerre d'octobre-novembre 1956 et c'est au lendemain du conflit, dans la bande de Gaza encore occupée par les soldats israéliens, qu'il pose avec son ami Salah Khalaf (le futur Abou Iyad) les bases d'une organisation de résistance qui ne naîtra officiellement qu'en 1959 au Koweït et sera connue sous le nom de Fatah. Il travaille alors dans l'émirat comme ingénieur au ministère des Travaux publics, au sein de cette bourgeoisie palestinienne q […]
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