Golda Meir a été l'un des fondateurs de l'État d'Israël et son quatrième président du Conseil (1969-1974). Elle était considérée comme « dure ». Et le « vieux lion », David Ben Gourion, a pu dire d'elle : « C'est le seul homme dans mon gouvernement... » Elle résistait aux pressions de l'étranger, convaincue de son bon droit et prête à le faire valoir avec une extraordinaire énergie.
C'est à un âge peu commun (soixante-dix ans) que Golda Meir a commencé sa « seconde vie politique ». Lorsqu'elle succéda, en février 1969, à Levi Eshkol à la tête du gouvernement, elle bénéficiait du compromis réalisé sur son nom afin d'éviter une lutte ouverte entre Moshé Dayan et Yigal Allon, considérés tous les deux comme les héritiers présomptifs du président du Conseil défunt. Sa cote de popularité à l'époque ne dépassait guère 2 p. 100. En fait, déjouant tous les pronostics, Golda Meir devait se maintenir au pouvoir pendant plus de cinq ans. Dès les premiers mois, elle s'était déjà révélée un chef du gouvernement hors pair qui n'avait nullement l'intention de paver la voie à un quelconque successeur. Pourtant, la tempête qui déferla sur Israël à cause des négligences qui avaient précédé la guerre du Kippour (octobre 1973) l'a amenée à donner sa démission et à se retirer ensuite de la vie politique.
1. Une jeunesse de militante
Née le 3 mai 1898 à Kiev en Ukraine, dans une famille nombreuse et pauvre, Golda Mabovitch connut dans son enfance la misère et les pogromes qui trempèrent son caractère inflexible. Elle devait dire un jour : « Jamais je n'ai éprouvé de peur face aux Goïm (les Gentils), ni de respect pour les riches, grâce à la misère et aux persécutions subies au cours de mon enfance. » Lorsqu'elle a huit ans, sa famille émigre à Milwaukee dans le Wisconsin. Les conditions d'existence y sont presque aussi dures qu'en Ukraine. Golda aide sa mère dans la petite épicerie qu'elle tient dans un des quartiers populeux de la ville. À quinze ans, elle quitte le toit familial afin de faire […]
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