4. Un écrivain « vériste »
Caragiale a composé un drame, Nǎpasta, (La Calamité, 1890) : la veuve d'un aubergiste épouse celui qu'elle soupçonne d'être l'assassin de son mari, afin de pouvoir le démasquer. Cette veine dramatique, Caragiale l'a exploitée dans des nouvelles remarquables – O fǎclie de Paşti (Un cierge de Pâques, 1889), notamment, et Pǎcat (Péché, 1892). En marge de son œuvre d'auteur dramatique, Caragiale a composé beaucoup de textes satiriques, Momente (Moments), Schiţe (Esquisses) ou Povestiri (Récits), réunis en volume et publiés en 1908. On doit souligner le rôle donné dans beaucoup de ces Esquisses aux personnages de Lache et Mache, les Bouvard et Pécuchet du Bucarest fin de siècle. Écrivain réaliste, « vériste », Caragiale disait de lui-même : « Je vois énorme et je sens monstrueux. » Il n'a retenu du monde qui l'entourait que les aspects médiocres, que les traits de corruption ou de sottise. Mais, à travers la caricature parfois féroce, on discerne une certaine tendresse pour le petit peuple des faubourgs et même pour cette société roumaine prise dans son ensemble, désireuse de se moderniser, de se hausser au niveau des autres pays du monde, ridicule parfois dans son effort d'imitation mais orientée vers le mieux.
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