Terme qui désigne des pierres taillées ou gravées en creux dans la masse. Dans une intaille, aucun élément n'est en relief au-dessus du plan initial de la pierre. La technique de l'intaille constitue la glyptique. L'intaille s'oppose au camée qui désigne une pierre sculptée en relief (pierre généralement constituée de couches superposées de couleurs différentes mises en évidence par le dégagement en relief de chacune d'elles). Les pierres les plus fréquemment employées pour les intailles sont la cornaline, la calcédoine, l'agate, le jaspe et le cristal de roche, plus rarement, les pierres dites précieuses (émeraudes, saphirs) ; on entame la pierre avec des burins et au touret (petit tour à roue actionné au moyen d'une manivelle). Les intailles comportent soit un décor, soit des inscriptions, des armoiries ou des monogravures (au contraire des camées, qui sont en général figuratifs) car elles étaient souvent montées pour être utilisées comme cachets ou sceaux en forme de bagues ou d'anneaux ; elles ornaient parfois des bijoux. L'Antiquité fournit un nombre considérable d'intailles que le Moyen Âge rechercha, collectionna et remonta sur toutes sortes d'objets, couronnes, reliquaires, plats de reliure, vases, calices, etc., ce qui laisse penser qu'on en fabriqua assez peu à cette époque ; à la Renaissance au contraire la glyptique retrouva un essor considérable.
Catherine ARMINJON
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