3. L'induction dans les sciences
• Confirmation et infirmation des hypothèses scientifiques
L'exemple précédent a montré que le problème de la confirmation d'une loi par des expériences se posait d'une façon sensiblement différente, suivant que les concepts examinés étaient considérés indépendamment ou dans le cadre d'une théorie scientifique. Il convient donc de considérer le cas où l'hypothèse qu'il s'agit de confirmer ou d'infirmer est un énoncé scientifique ayant la forme d'une loi, telle la loi de Mariotte (PV = RT) ou la loi de Galilée (v = at).
Le cas le plus simple est celui où l'on compare à l'expérience ou à un fait deux hypothèses mutuellement exclusives, dont on est sûr, par conséquent, que l'une est vraie et l'autre fausse. Si les hypothèses H1 et H2 et les « faits » E1 et E2 sont justiciables d'une même théorie, mathématique par exemple, on peut arriver à confirmer avec certitude l'une des hypothèses en infirmant l'autre au moyen d'un « fait ». Tel est, en effet, le mécanisme du raisonnement par l'absurde. Les géomètres grecs démontraient, par exemple, l'irrationalité de √2 en éliminant l'hypothèse de sa rationalité. Cette procédure de la confirmation par l'infirmation, très commode en mathématique, est d'un usage bien plus délicat quand on confronte à l'expérience des hypothèses physiques. Sa mise en œuvre postule, en effet, qu'on puisse énumérer complètement les hypothèses relatives à un domaine de l'expérience et que les observations alléguées pour infirmer une hypothèse soient d'une interprétation sans équivoque. Or, ces conditions sont si restrictives qu'elles ne se rencontrent pour ainsi dire jamais. Supposons d'abord, en effet, qu'on puisse mettre les hypothèses concevables sous la forme d'une alternative H1 ou H2. Posons par exemple H1 : la lumière se propage dans l'espace à une vitesse infinie, et H2 : la lumière se propage dans l'espace à une vitesse finie. Soit E1 l'observation des éclipses de Lune et s […]
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