Les Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar ont éclairé naguère la grande figure de l'Empire romain que fut Hadrien (Publius Aelius Hadrianus) et lui ont donné l'audience d'un large public. De tous les souverains qui se succèdent à Rome sur le trône impérial, Hadrien est, avec Marc Aurèle, l'un des plus attachants, un de ces hommes d'État dont on peut dire qu'ils ont su incarner une époque et une nation, et, qui plus est, une nation universelle comme l'était Rome. Cousin de l'empereur Trajan, né à Italica en Bétique (Espagne méridionale), Hadrien est un provincial qui reconnaît que l'Empire ne se limite plus à la seule Rome ni à la seule Italie, mais qu'il est aussi formé de provinces et ouvert aux influences extérieures. L'Empire n'est plus une cité, mais un monde, il n'est plus une polis, mais une cosmopolis. Hadrien n'aura pas assez de toute sa vie pour traduire, dans ses curiosités et dans son gouvernement, la soif d'apprendre, de voir, de comprendre et d'aimer qui l'a saisi, lorsqu'il est venu à Rome, pour étudier le grec, la géométrie, la philosophie, la peinture et la sculpture. Non content de former son esprit aux diverses disciplines intell […]
