2. Les cités grecques
On a coutume de distinguer dans l'histoire des cités grecques trois périodes majeures : archaïque, classique, hellénistique ; cette dernière s'achève par la mainmise de Rome sur la Grèce des cités.
• La période archaïque
La première période est assez mal connue, car on ne dispose que de témoignages souvent tardifs ; elle se caractérise essentiellement par deux séries de faits : la colonisation et la tyrannie.
La colonisation étendit démesurément les limites du monde grec et en implanta la civilisation depuis l'Espagne jusqu'aux rives du Pont-Euxin, avec des conséquences politiques, économiques et culturelles considérables. La tyrannie constitue un moment essentiel dans l'histoire des cités grecques, en assurant le passage de la cité aristocratique des viiie-viie siècles à la cité isonomique de l'époque classique. Certes, toutes les cités ne passèrent pas par ce stade, et l'exception la plus remarquable reste celle de Sparte, mais Corinthe, Sicyone, Argos dans le Péloponnèse, Samos, Milet en Ionie, Athènes enfin, sans parler des cités grecques d'Occident, subirent le joug de la tyrannie entre le milieu du viie et la fin du vie siècle.
On s'est évidemment interrogé sur l'origine de ce phénomène. Pour certains auteurs, le tyran aurait été une sorte de prince marchand qui, s'appuyant sur une classe nouvelle d'artisans et de commerçants enrichis par le commerce et les échanges, aurait chassé la vieille aristocratie foncière jusque-là dominante. D'autres ont montré que, presque partout, la tyrannie est apparue là où les transformations internes de la société avaient fait naître une crise agraire, et que le tyran s'efforce, par une plus juste répartition du sol, d'y trouver des palliatifs. On a avancé aussi comme élément d'explication les transformations profondes que subit alors la tactique militaire, avec le développement du combat hoplitique. Or, celui-ci était en contradiction avec l'existence d'une aristocratie militaire étroite, qui de ce fait ét […]
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