Peintre milanais, qui fut aussi poète et théoricien de l'art. Le nom de Lomazzo reste attaché à un vaste traité didactique sur la peinture, Trattato dell'arte della pittura (1584), divisé en sept livres correspondant chacun à une « partie » de cet art : proportion, expression, couleur, lumière, perspective, pratique et formes (en fait, iconographie) ; ainsi qu'à un ouvrage, vraisemblablement conçu en même temps que le Trattato, présentant, selon une construction allégorique compliquée (héritée de Giulio Camillo), les sept « gouverneurs » canoniques de l'art renvoyant aux sept « parties » énoncées plus haut, L'Idea del tempio della pittura (1590). Les deux traités, considérés par certains comme la « bible du maniérisme », entendent offrir au peintre une explication exhaustive du système des arts et prévoir tous les cas qui pourraient se présenter à son invention. Lomazzo se fonde sur une méthode inspirée de la rhétorique en définissant puis en divisant chaque « partie » de la peinture en sous-catégories, en l'illustrant d'exemples tirés non seulement des arts, mais de la Bible, de la poésie épique (principalement de l'Arioste), de la philosophie, de l'histoire antique et moderne. Avec le Trattato, on assiste à un effort systématique d'intellectualiser complètement le contenu de la peinture. Pour la première fois dans la littérature artistique, Lomazzo applique des modèles magiques et astrologiques à l'explication des arts. Comme le magicien, l'artiste doit connaître la planète qui le gouverne pour communiquer certains influx astraux à son œuvre et faire ainsi participer le spectateur à l'istoria représentée. Mieux, il devrait combiner objectivement ces influx pour atteindre à la beauté parfaite et toucher l'ensemble de son public. Lomazzo reconnaît le style personnel (maniera) de l'artiste comme valeur positive, mais rêve d'un éclectisme supérieur qui préserverait l'idéal de beau unique qui sous-tendait la théorie des grands artistes de la Renaissance.
Marc LE CANNU
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