2. Une économie faible et dépendante
Pays de tradition agricole, la Gambie s'est diversifiée dans le commerce de réexportation. La mise en place de procédures fiscales et douanières souples et avantageuses (proches d'un régime de zone franche) a permis au port de Banjul de développer une activité particulièrement rentable de réexportation de marchandises vers les pays de la région. Le développement continu du secteur touristique (12 p. 100 du P.I.B.) constitue un second pôle d'activité. Pour autant, l'agriculture, avec 30 p. 100 du P.I.B., demeure essentielle : elle occupe 70 p. 100 de la population active. L'arachide est la principale culture (60 p. 100 des terres cultivées). Les bonnes années, elle assure à elle seule 80 p. 100 des exportations agricoles. Cependant, les aléas climatiques et les variations du prix mondial expliquent l'irrégularité de sa production (entre 50 000 t et 135 000 t par an) et rendent problématique sa prépondérance. Outre l'arachide, le millet et le riz constituent des productions agricoles notables. L'industrie de la pêche s’est développée au fil des années, notamment grâce à l'assistance des pays européens et du Japon. Elle représente la deuxième ressource d'exportation primaire. Mais la dizaine d'entreprises de conditionnement du poisson existant actuellement ne permet pas le traitement de l'ensemble de la production qui, du coup, est acheminée vers des sites étrangers. À l'origine principalement dirigés vers les pays européens, les échanges extérieurs de la Gambie, à l'instar d'autres pays africains, se sont réorientés vers certains pays d'Asie : Inde, Thaïlande et Chine. Mais les exportations ne couvrent qu'environ 60 p. 100 des importations. Ces données expliquent en partie l'importance d'une dette extérieure correspondant à deux tiers du P.I.B. Dans ces conditions, et malgré de forts taux de croissance (jusqu'à 7,7 p. 100 en 2006), la Gambie reste tributaire de l'aide internationale et de ses contraintes. Demeurent les dures réalités de la vie quotidienne d'une population dont plus de 60 p. 100 vivent au-dessous du seuil de pauvreté au début du xxie siècle.
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