Né à Florence, où son père, le futur Léopold II, gouvernait le grand-duché de Toscane (devenu depuis 1738 bien patrimonial des Habsbourg-Lorraine), François II est le dernier empereur germanique, puisque le Saint Empire est dissous en 1806, et le premier empereur héréditaire d'Autriche (1804) sous le nom de François Ier. Cette simple affaire de protocole annonce le retrait progressif des Habsbourg de la vie politique allemande et leur repli sur le bassin danubien. En créant une entité autrichienne distincte de l'Allemagne, François II renonce à faire l'unité allemande, alors qu'il se montre incapable de créer un sentiment national autrichien au moment où cela est encore possible.
Homme de la froide raison d'État, par tempérament et par éducation, il est dès son avènement le champion de la contre-révolution en Europe et du conservatisme le plus étroit en Autriche. Il a horreur des nouveautés et ne ressemble ni à son oncle Joseph II ni à son père ; il ne possède ni leur intelligence ni leur générosité ; au demeurant, dans le privé plutôt débonnaire, il sait acquérir une certaine popularité chez les Viennois. Le jeune prince succède à son père dans des circonstance […]
