En 1515, en tant que chef de la branche des Valois-Angoulême, François Ier succède à son cousin Louis XII, dont il a épousé la fille, Claude de France, l'année précédente. Son règne de trente-deux ans marque profondément le xvie siècle français, transformant à l'extérieur les guerres d'Italie en un affrontement avec les Habsbourg, donnant, à l'intérieur, une impulsion décisive à la pratique d'une « monarchie absolue ». Ses portraits, que ce soit celui plus décoratif de Clouet ou celui plus psychologique du Titien, nous montrent un cavalier rieur, tout à la fois athlétique et élégant, type accompli de l'homme de la Renaissance, aimable et séducteur, dénué de scrupules s'il est nécessaire. Mais François Ier est en même temps fantasque, sujet aux emballements, d'une intelligence un peu superficielle. C'est, en fait, un curieux mélange : chevalier d'un Moyen Âge attardé, il se fait adouber par Bayard sur le champ de bataille de Marignan ; prince de la Renaissance, il est amateur de femmes et de belles choses ; ouvert aux nouveautés de l'époque, il est mécène et lui-même quelque peu artiste. Le règne s'ouvre sur les guerres d'Italie dont l'histoire classique a dénoncé la vanité. Cependant, par son importance démographique et par sa prospérité, la France pouvait se mesurer au peuplement et à la puissance financière des nations adverses.
L'erreur de François Ier a été de ne point prévoir l'afflux du métal précieux américain, dont la masse, certes très inférieure aux possibilités fiscales françaises, devait cependant l'emporter. Cette masse monétaire constituait un revenu net de toute charge et elle était entièrement à la disposition de Charles Quint. En 1515, Marignan, c'est-à-dire la supériorité du feu français sur les piquiers suisses, entraîne la facile conquête de l'Italie en un temps où l'arrivée du métal américain diminue pour une courte période. Mais, dès 1519, le crédit des Fugger et des banquiers italiens et espagnols, garanti par les trésors du Nouveau Monde, contribue à his […]
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