La défaite des Girondins dans leur lutte contre les Montagnards, le 2 juin 1793, moment capital dans l'histoire de la Révolution française, a une signification moins sociale que géographique ; c'est la défaite de la province devant Paris, des partisans d'une fédération de départements contre les tenants de la centralisation. Une défaite qui pèsera lourd dans l'histoire politique de la France. Dans l'immédiat, c'est la révolte dite fédéraliste qui jette la France dans la guerre civile. Les Girondins en fuite ont tenté, en effet, de soulever les départements qui les avaient élus contre les Montagnards dont nombre de dirigeants ont été envoyés à la Convention par la capitale (pas tous néanmoins : Saint-Just est député de l'Aisne, Couthon du Puy-de-Dôme...). L'insurrection fédéraliste englobe soixante départements. Ses causes varient selon les régions et dépassent la simple action des Girondins : désir d'autonomie (Corse), mécontentement économique et peur du « maratisme » dans les ports et les grandes villes commerçantes, sentiments royalistes exacerbés, liens avec l'étranger se mêlent dans ce mouvement complexe qui multiplie les paradoxes (Lyon vote la Constitution de l'an I, mais […]
