Issu d'une famille de vieille noblesse, colonel en 1783, Puisaye commence sa carrière politique en représentant la noblesse du Perche aux assemblées provinciales de 1787, puis est élu comme député de la noblesse aux États généraux, où il joue un petit rôle. À cette époque, il paraît peu favorable au courant réformateur. Cependant, il devient commandant des gardes nationales du district d'Évreux, puis se présente aux élections à la Convention en septembre 1792, ce qui atteste qu'il a accepté les conséquences du 10 août 1792. Des réticences apparaissent lorsqu'il s'oppose aux Montagnards et aux sans-culottes, en juillet 1793, entrant ainsi dans le camp « fédéraliste ». Il est battu à la tête des armées fédéralistes dans un médiocre affrontement à Pacy-sur-Eure (août 1793). À partir de ce moment, il rejoint la chouannerie qu'il fédère presque entièrement durant l'hiver de 1793, au terme de chevauchées aventureuses ; l'opération réussissant, il finit par se proclamer le chef de la chouannerie. Il gagne ensuite l'Angleterre, où il convainc Pitt de lancer une opération de débarquement, qui a lieu à Quiberon en juin 1795. Mais les émigrés n'ont pas oublié son adhésion au régime révolutionnaire et se méfient de ses tendances parlementaires proches des convictions du Premier ministre anglais Pitt ; ils imposent un double commandement de l'expédition, qui se révèle être un fiasco et ruine définitivement la carrière de Puisaye dans le camp de la Contre-Révolution. En 1798, après deux ans d'inactivité en Angleterre, il part pour le Canada, où il tente de fonder une colonie sur des bases quasi féodales ! Après un nouvel échec, il achève sa vie en Angleterre, où il écrit ses Mémoires.
Jean-Clément MARTIN
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