Étienne Marcel appartient à l'une des plus grandes familles de la bourgeoisie parisienne de la première moitié du xive siècle, période au cours de laquelle cette bourgeoisie fait fortune rapidement et acquiert des offices royaux. Ainsi, le grand-père d'Étienne, Pierre Marcel, s'enrichit en fournissant la cour du roi de Naples et celle du comte d'Artois. Parmi ses ancêtres maternels, Étienne compte un prévôt de Paris. Néanmoins, son père, Simon, cadet de la famille, reste un peu en marge de cette réussite. Lorsqu'il apparaît pour la première fois en 1336, Étienne Marcel, fournisseur de la cour de Philippe VI, semble, à côté de ses oncles et cousins devenus d'habiles hommes d'affaires, un marchand drapier besogneux. Pour leur ressembler, une seule solution : le mariage. Il épouse d'abord, à une date inconnue, Jeanne de Dammartin, fille d'un échevin parisien. Elle apporte 852 livres de dot, mais meurt en 1344. Par son second mariage (1345 ?), avec Marguerite Des Essarts, Étienne choisit d'entrer dans le monde de la richesse — la dot est de 3 000 écus d'or — et de la très haute bourgeoisie d'affaires, qui confond souvent ses intérêts avec ceux de l'État. Le père de Marguerite, Pierre, venu de Rouen à Paris sous Philippe le Bel, anobli dès 1320, est à la fois un audacieux brasseur d'affaires, le maître des comptes et le banquier du roi. Ce mariage offre sans doute à Étienne Marcel la tentation de mener une carrière comparable, tentation vite réprimée par une convergence de faits et d'influences. Une affaire d'héritage le détache d'abord de ce milieu. Pierre Des Essarts, déchu après Crécy (1346), doit une lourde amende. À sa mort (1349), Étienne refuse l'héritage de crainte d'être obligé de payer celle-ci. Au contraire, ses beaux-frères, le chanoine Jean Des Essarts et Robert de Lorris, acceptent, en jouant la carte de la réhabilitation, et avec le nouveau roi Jean II, ils gagnent. Étienne Marcel est ulcéré, mais il a désormais les mains libres pour critiquer les abus de la grande bourgeoisi […]
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