Jusqu'à une époque très récente, les volcans, souvent difficiles d'accès même en dehors des phases éruptives, n'avaient guère attiré les géologues. L'éruption volcanique est un phénomène trop brutal pour que les tenants de l'uniformitarisme lui aient alloué une place de choix aux côtés des processus géodynamiques fondamentaux : érosion, transport, sédimentation et orogenèse. Du fait même de leur brièveté, les éruptions volcaniques se sont pour la plupart dérobées à l'observation directe par les hommes de science, et cela jusqu'au développement des transports aériens, qui ont facilité les déplacements rapides. Rien d'étonnant donc à ce que les grands ouvrages de géologie classique soient fort discrets sur le volcanisme actif et qu'au début du xixe siècle on ait pu encore présenter le basalte comme une roche sédimentaire !
Les théories de l'expansion des fonds océaniques et de la tectonique des plaques ont rendu au volcanisme la place de choix qui lui revient dans l'ensemble des phénomènes géologiques, puisqu'il se trouve être à l'origine non seulement de la constitution des trois quarts de la croûte terrestre ainsi que de l'atmosphère et de l'hydrosphère […]
