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ÉNONCIATION

La prise en considération systématique de l'énonciation n'est devenue habituelle que depuis les années 1960, à l'intérieur de la linguistique dite moderne ou scientifique. Bien qu'on puisse déjà observer cette attitude dans divers ouvrages de Charles Bally ou d'Henri Frei, sa popularité date des Problèmes de linguistique générale d'Émile Benveniste (1966), dont la section V porte le titre significatif : « L'Homme dans la langue ». L'originalité d'une telle décision apparaît dès qu'on la confronte à la doctrine de Ferdinand de Saussure.

Distinguant, du point de vue méthodologique, le domaine des faits qui constitue le champ d'observation de la linguistique et le système théorique construit par le linguiste pour en rendre compte, Saussure appelle l'observable « parole », et le système « langue ». En choisissant le mot « parole », souvent explicité par « usage », pour désigner le domaine des faits, il suggère par contraste que l'objet théorique ne doit contenir aucune allusion à l'acte de parler. D'où l'idée que cet objet (= la langue) consiste en un code, entendu comme une correspondance entre la réalité phonique et la réalité psychique qu'elle exprime et communique […]

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Autres références

« ÉNONCIATION » est également traité dans :

AUTOBIOGRAPHIE

Auteur :  Daniel OSTER

individu que préservent les droits de l'homme, dispose autour de l'autobiographe un halo protecteur.* On est bientôt pris au piège de son énonciation : la preuve que l'autobiographe dit vrai, c'est qu'il le dit. « Je crois, assure Philippe Lejeune, qu'on peut s'engager à dire la vérité » (Moi aussi). Mais Valéry : « En littérature, le vrai… Lire la suite
CERTEAU MICHEL DE (1925-1986)

Auteurs :  Dominique JULIAClaude RABANT

Dans le chapitre "L'écoute des voix" : …  ordre sacral qui s'est décomposé. En même temps, une place centrale est accordée dans l'analyse à *l'énonciation, distincte de l'organisation objective des énoncés : d'où l'insistance sur l'acte de parole, les conventions et les règles qui « déterminent l'usage relationnel d'une langue devenue incertaine du réel » (« L'Énonciation mystique », in… Lire la suite
CORPS - Corps et langage

Auteur :  Louis MARIN

Dans le chapitre "La fonction référentielle et la fonction phatique" : …  indication. Ce point qui a été souvent signalé ouvre la voie aux divers modèles de la théorie de l'*énonciation. Sans doute « ceci », comme tous les « embrayeurs », a bien une signification générale et constante qui lui est propre, celle de désigner sans l'objet dont parle le message auquel « ceci » appartient. Il ne peut représenter son objet sans… Lire la suite
CRITIQUE LITTÉRAIRE

Auteur :  Antoine COMPAGNON

Dans le chapitre "Dialogisme et intertextualité" : …  le fait linguistique comme procès social et situation communicationnelle. Cette insistance sur l'*énonciation a pour conséquence de faire apparaître la pluralité de sens des énoncés, que Bakhtine appelle « hétéroglossie ». Par les notions de « dialogisme » et de « carnaval », qui repèrent la polysémie inhérente au langage en action, Bakhtine… Lire la suite
CROYANCE

Auteur :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Approche sémiotique" : …  (1965), Du sens I (1970), Maupassant (1976), et Du sens II (1983), *une nouvelle tentative de mise en ordre des structures élémentaires de la croyance se fait jour, qui, à l'opposé de la phénoménologie, ne repose sur aucune intuition du vécu, mais sur la structure de l'énonciation, telle qu'elle est investie… Lire la suite

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Bibliographie

J.-C. Anscombre, « Délocutivité benvenistienne, délocutivité généralisée et performativité », in Langue française, no 42, Paris, mai 1979

J.-C. Anscombre & O. Ducrot, L'Argumentation dans la langue, P. Mardaga, 1988

J. L. Austin, How to Do Things with Words, Oxford Univ. Press, Oxford, 1970 (Quand dire, c'est faire, trad. G. Lane, Paris, 1961)

C. Bally, « Théorie de l'énonciation », première partie de Linguistique générale et linguistique française, Francke, Berne, 1944

É. Benveniste, Problèmes de linguistique générale, N.R.F., Paris, 1966 (voir surtout section V)

O. Ducrot, Dire et ne pas dire, Hermann, Paris, 1972, rééd. 1991

Le Dire et le dit, Minuit, Paris, 1985

« Analyses pragmatiques », in Communications, no 32, Seuil, Paris, 1980

Logique, structure, énonciation, Minuit, 1989

H. Frei, La Grammaire des fautes, Geuthner, Paris, 1929

Pour une linguistique de l'énonciation, Ophrys, Gap, 1991

J. R. Searle, Expression and Meaning, Cambridge Univ. Press, Cambridge, 1979

C. Sirdar-Iskandar, Description sémantique des interjections, thèse de l'université de Gizeh, Le Caire, 1979.Voir aussi les nos 17, 73 et 80 de Langages (Larousse, Paris, 1970, 1984 et 1985), le no 20 de Communications (Seuil, Paris, 1973) et le no 21 de Langue française (Larousse, Paris, 1974).

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