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GHANA EMPIRE DU

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3.  Commerce et islam

Cette civilisation, qui a marqué profondément l'Ouest africain, est en effet le principal héritage laissé par le Ghāna. Elle est caractérisée avant tout par le rôle qu'y jouent le commerce et l'islam.

Toutes les descriptions insistent sur la dualité de la capitale, partagée entre la ville animiste du kaya-magan, construite en terre, et celle des commerçants musulmans, construite en pierre selon des normes nord-africaines. Les grandes fouilles de Tegdawst donnent à présent une idée précise de la vie de ces antiques cités caravanières. Des musulmans étrangers occupaient une place importante, mais bien délimitée, au sein d'une société globale qui restait foncièrement animiste.

La présence de ces musulmans a servi de catalyseur à un développement majeur : l'organisation du commerce à longue distance à travers cette Afrique soudanaise qui l'avait jusque-là pratiquement ignoré. Le Ghāna avait la réputation d'être le pays de l'or parce qu'il était maître de tous les débouchés des pistes sahariennes, mais aucune zone d'orpaillage n'existait sur son territoire. Le minerai était extrait plus au sud, dans le Bambugu (Bambouk), sur le haut Sénégal, ou dans le Burè, sur le haut Niger, mais les intermédiaires soninké étaient seuls en mesure de fournir le métal précieux aux caravaniers qui attendaient dans les villes du Sahel. Ainsi apparut, au sein de ce peuple, un groupe spécialisé dans le commerce à longue distance, et qui s'islamisa au contact de ses clients arabo-berbères ; ce sont les Marka, plus connus sous le nom de Dyula. Déracinés, mobiles, individualistes, ceux-ci furent le ferment de la nouvelle société, particulièrement chez les peuples de langue mandingue (Bambara, Malinké). En peu de siècles, ils organisèrent un remarquable réseau commercial jusqu'aux portes de la forêt, où ils allaient chercher des noix de kola, cet excitant nécessaire aux Soudanais. En outre, ils partaient vers le centre de la boucle du Niger et jusqu'aux rives du golfe de Guinée en quête de nouvelles mines d'or. Les Dyula se rendirent indispensables dans tous les empires soudanais et créèrent partout des noyaux islamisés. La diffusion de leurs noms de clan, typiquement soninké (Sisé, Silla, Turé, etc.), illustre le désenclavement des nombreuses ethnies de l'Ouest africain. Abandonnant leur langue d'origine, ils se sont plus ou moins identifiés au grand peuple mandingue qui, jusqu'à la colonisation, domina la scène du Soudan occidental. Dans ces régions, leur histoire est inséparable de celle de l'Islam noir.

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800 à 900. Déclin des empires

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