Les techniques de l'embryologie végétale restent celles de l'histologie tant qu'il s'agit d'analyser les structures embryonnaires : fixations à divers stades, inclusions, coupes sériées au microtome, étalage sur lame et colorations permettent de reconstituer, dans leurs cadres archégoniaux ou/et ovulaires, les mises en place des premières cellules et des premiers organes. La présence de parois cellulaires rigides exclut les invaginations tissulaires et les migrations cellulaires courantes chez les embryons animaux ; mais les localisations et orientations des divisions cellulaires, parfois inégales, prennent d'autant plus d'importance. Les colorations au vert de méthyle-pyronine, précédées ou non d'un traitement par la ribonucléase, et aussi la microscopie électronique, situent les accumulations de ribosomes qui annoncent ces événements.
La cinétique de l'embryogenèse fait appel à d'autres ressources technologiques : en disséquant dans une solution appropriée des ovules fécondés de Jasione montana (Campanulaceae), O. Erdelska peut filmer in vivo et étudier les dynamiques de croissance des tout jeunes albumens et embryons.
Quant à l'expérimentation, elle cherche surtout à sortir l'embryon, aux stades les plus précoces possibles, de son contexte maternel (impliqué par définition) pour suivre son développement in vitro. On essaye de se passer du trop naturel lait de coco (qui représente la portion immature d'un albumen à fonction nourricière) pour mettre au point des milieux et des conditions aussi contrôlables que possible. Mais, quand on réalise qu'une microspore, une cellule nucellaire ou épidermique et (on présume) n'importe quelle cellule vivante de Cormophyte peuvent, à elles seules, régénérer un méristème puis la plante adulte, le problème de morphogenèse le plus crucial devient : pourquoi l'embryogenèse est-elle habituellement réservée aux seuls zygotes ?
1. La notion d'embryon dans le règne végétal
D'une façon générale, un embryon est un très jeune être vivant issu de la prolifération […]
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