3. Anomalies embryogéniques
Après avoir proposé ce bref panorama de l'embryogenèse chez les Archégoniates, envisageons diverses déviations spontanées ou provoquées par l'homme, et d'où proviennent des organismes, dits apomictiques, qui ont toutes les apparences d'embryons sans en avoir le caractère essentiel qu'est leur origine zygotique.
Les embryons parthénogénétiques dérivent d'une oosphère marginale non fécondée qui prolifère comme si elle l'avait été, chez le pissenlit par exemple. Son ensemble haploïde de chromosomes double souvent spontanément, mais il reste, évidemment, purement femelle.
Plus fréquente (chez le citronnier, par exemple) est la prolifération de cellules diploïdes voisines du sac embryonnaire : les pseudo-embryons ainsi formés perpétuent donc sans changement le sporophyte d'origine.
On sait réaliser artificiellement une sorte de polyembryonie de clivage en morcelant un massif embryonnaire d'orchidacée en début de germination : cultivant au début in vitro ses fragments, chacun reconstitue un embryon puis une plante entière beaucoup plus sûrement et rapidement que cela se fait dans la nature à partir des minuscules graines.
Il arrive qu'en culture in vitro une seule cellule d'un pétiole de carotte ou une microspore de solanacée, alors sorties de leurs contextes habituels, donnent naissance à des « embryoïdes » auxquels il ne manque que le suspenseur. L'intérêt pratique, dans le domaine génétique en particulier, de ces organismes capables de se développer en plantes adultes serait considérable si on savait en généraliser l'obtention.
Tous ces faits semblent démontrer que des cellules diploïdes ou haploïdes de nombreux types sont capables de devenir des embryons. Cela fait, dès lors, que les zygotes apparaissent comme de simples cas particuliers tout de même justifiés par leur rôle de creuset des génomes femelles et mâles et par leur situation au sein d'archégones, d'ovules, permettant de protéger les embryogenèses.
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