La continuité de l'espèce chez les Végétaux supérieurs (Spermaphytes) est assurée par divers systèmes s'appuyant sur des structures dont la plus répandue et la mieux exploitée est la graine. Mais ce n'est pas le seul organe de conservation et de multiplication des plantes. Tubercules, rhizomes, bulbes, hibernacles et turions concourent aussi à leur propagation. Dans un cas comme dans l'autre, les espèces prévoyantes emmagasinent des réserves qui seront mises à la disposition du nouvel organisme au moment de la germination. Il les utilisera jusqu'à son sevrage, c'est-à-dire lorsque, devenu autotrophe, le jeune individu assurera en toute indépendance son alimentation. Ces réserves sont destinées à fournir les éléments de base utiles aux nouvelles synthèses tout en libérant l'énergie nécessaire à la vie. C'est ainsi que dans la graine, le moment venu, l'embryon muni de ses réserves pourra prendre possession du milieu avec le maximum de chances de survie, sans autre secours que l'air et l'eau. Il affrontera donc avec une certaine garantie de succès les facteurs ambiants plus ou moins hostiles.
L'emmagasinement des réserves ne se limite pas aux graines, aux fruits, aux tubercules et autres organes de multiplication et de dissémination. Les racines, les tiges, les feuilles peuvent également accumuler les métabolites en excès, ce stockage étant accompagné ou non d'hyperplasies et d'hypertrophies plus ou moins accusées des tissus.
1. Réserves liées à l'économie générale de la plante
• Réserves énergétiques
Les précurseurs des réserves sont au départ toujours des glucides, puisqu'ils sont synthétisés dans les parenchymes chlorophylliens. Les produits issus de la photosynthèse non utilisés par les feuilles migrent par voie libérienne vers des parenchymes de réserve où ils se déposeront généralement sous forme de glucides, plus rarement sous forme de lipides qui se constituent au détriment des glucides, ou encore de protides. C'est par exemple à partir des glucides solubles que se fabriquent les acides cétoniques qui permettront l'incorporation de l'azote et sa transformation en acides […]
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