3. L'équilibre de marché et son optimalité
Leur vision de la concurrence et leur modèle du consommateur et du producteur conduisent les néoclassiques à une description du marché selon laquelle, quand le prix augmente, la quantité offerte augmente et la quantité demandée diminue. Offre et demande évoluant en sens inverse par rapport au prix, le mécanisme de marché conduit à un équilibre, c'est-à-dire à la détermination d'un système de prix qui égalise durablement l'offre et la demande. Autrement dit, le marché conduit à une situation stable et non conflictuelle. Cependant, si l'idée que le marché permet d'obtenir un équilibre fédère la théorie néoclassique, l'interprétation de cet équilibre varie d'un auteur à l'autre, tant le raisonnement néoclassique a produit de théoriciens.
Parmi les fondateurs, Walras est celui qui développe le plus son modèle. Il considère que l'équilibre global entre l'offre et la demande se fait au niveau national, donnant une présentation de l'aboutissement du processus économique que la tradition a retenue sous le nom d'« équilibre général walrassien ». Alfred Marshall, constatant que les biens ne sont pas tous de la même nature, remarquant en particulier que, dans l'agriculture, le temps nécessaire à la récolte fait que l'horizon temporel de l'offre n'est pas le même que celui de la demande (l'offre reflète les conditions économiques de l'année précédant celle de la demande), s'intéresse à des équilibres partiels sur des marchés de biens spécifiques. Carl Menger attache plus d'importance à la décroissance des utilités marginales et à l'augmentation des coûts marginaux, et reste attaché à une présentation de l'économie où la concurrence est particulièrement contraignante pour l'offreur.
Pour achever de légitimer le marché, les néoclassiques démontrent que l'équilibre, une fois atteint sur l'ensemble des marchés, est juste. C'est-à-dire qu'on peut le changer mais qu'on ne peut pas l'améliorer : tout changement d'équilibre de marché se traduit par une amé […]
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