Une crise écologique majeure est aujourd'hui avérée : pollutions, épuisement des ressources, réchauffement du climat, les menaces sont globales mais visent en premier lieu les populations les plus pauvres. La simultanéité de cette crise écologique avec une crise sociale renforce le caractère inédit de la situation : chômage, précarisation de la force de travail, mise en concurrence des systèmes sociaux par la libéralisation des services publics et de la protection sociale et difficulté à faire face à la crise écologique semblent bien résulter du nouveau régime d'accumulation à dominante financière qu'impulse le capitalisme mondialisé.
Ainsi, la croissance économique infinie est-elle tout d'abord mise en cause pour son productivisme dévastateur, mais, au-delà, les promesses du développement dont pourraient profiter tous les êtres humains n'ayant pas été tenues, elle en vient à son tour à être mise en question. Se saisissant de la problématique de la conciliation entre les objectifs de développement et ceux de préservation de l'environnement, l'O.N.U. a fait adopter par tous les États l'objectif de « développement durable » (ou sustainable development) défini en 1987 par la Commission mondiale sur l'environnement et le développement, dans le rapport Brundtland. Équité intra-générationnelle et équité inter-générationnelle sont au cœur de cette définition : « répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».
Cependant la notion de « soutenabilité » se prête à deux interprétations diamétralement opposées. L'une, dite faible, postule la substituabilité continue entre les facteurs de production, qui sera permise par le progrès technique, à condition que l'on internalise les effets externes, soit par le biais d'une tarification, soit par celui de l'instauration de droits de propriété sur les biens naturels pour en permettre ensuite l'échange libre sur un marché ad hoc. La maximisation de la satisfaction de toutes le […]
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