École d'interprétation (mādhhāb) de la loi religieuse musulmane (sharia), le courant hanafite se rattache aux enseignements des écoles juridiques anciennes de Koufa et de Bassorah (Irak) et dépend d'un théologien, l'imām Abū Hanīfa (700 env.-767), dont l'enseignement a été développé par certains de ses disciples, tels Abū Yūsuf (mort en 798) et Muḥammad al-Shaybānī (749/750-805). La jurisprudence religieuse hanafite a fourni le système légal officiel des abbassides, des seldjoukides et des ottomans. Bien qu'elle prenne le Coran et les ḥadīths (recueil des traditions apocryphes du prophète Muḥammad) comme sources premières du droit, la doctrine hanafite se caractérise par le fait qu'elle accepte l'opinion personnelle (ra'y) lorsque l'élucidation d'un cas déterminé ne peut être trouvée dans ces sources. Les hanafites introduisent donc un élément rationnel dans le raisonnement juridique. Le madhhab hanafite a une place prépondérante en Asie centrale, en Inde musulmane, au Pakistan, en Turquie et dans les pays de l'ancien Empire ottoman en général.
Yves THORAVAL
Retour en haut



