Nom que les Européens ont donné au second khānat fondé au xviie siècle en Asie centrale par les Mongols occidentaux ou Oirat, dénommés à cette époque les Jüngar (ou, en transcription vulgaire, Djoungar, ou encore Dzoungar)
. La Dzoungarie (ou Jüngarie) est située dans la région du Tarbagatai et de l'Ili (à l'est du lac Balkhach). Après s'être étendu de la région occidentale du bassin de Tarim jusqu'aux monts Tianshan, et de l'Altaï jusqu'aux cours supérieurs de l'Ob et de l'Irtych, l'Empire jüngar a été totalement anéanti en 1755-1759 par l'empereur Qianlong. Le nom de Dzoungarie a alors perdu toute réalité politique, mais il est resté comme terme géographique pour désigner la dépression de quelque 700 kilomètres carrés, qui s'étend, sur le territoire de la république populaire de Chine, entre l'Altai mongol au nord, la chaîne orientale des Tianshan au sud et celle du Tarbagataï à l'ouest.
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On dénomme aussi « Alataou de Dzoungarie » le système montagneux qui se développe à la frontière orientale du Kazakhstan et du Turkestan chinois, entre le lac Alakol et l'Ili ; on appelle aussi « portes de Dzoungarie » une passe, de 10 kilomètres de large environ à son point le plus resserré, qui traverse la muraille formée par les chaînes de l'Alataou au sud et de Barlyk et de Maili au nord pour joindre la dépression du lac Ebi-nur (au sud-est, en république populaire de Chine) à celle du lac Alakol (au nord-ouest, au Kazakhstan). Depuis les temps les plus anciens, c'est par cette passe que les hordes nomades d'Asie centrale se sont déversées dans les steppes de l'actuel Kazakhstan, et, de là, dans la Sibérie occidentale et la Russie méridionale.
Françoise AUBIN
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