Daniel Barenboim est l'une des personnalités les plus passionnantes et les plus attachantes du monde musical d'aujourd'hui. D'abord enfant prodige puis excellent pianiste, chef d'orchestre aux talents multiples et au répertoire éclectique, il est de surcroît un artiste qui s'engage dans la société civile, notamment comme militant convaincu de la fraternisation entre Israéliens et Palestiniens.
1. L'enfant prodige
Né le 15 novembre 1942 à Buenos Aires (Argentine) de parents juifs d'origine russe, Daniel Barenboim se révèle un musicien très précoce, jouant parfaitement du piano à cinq ans et donnant son premier concert public à l'âge de sept ans. Stimulé par sa mère, elle-même excellente pianiste, il est essentiellement formé par son père. Il le dit lui-même : « Je n'ai jamais eu qu'un seul professeur, mon père, qui m'a communiqué le besoin de nourrir une relation constante entre le contenu musical et les moyens physiques employés pour le réaliser. Il m'a aussi appris l'importance qu'il y a de laisser les fragments musicaux se développer. La répétition machinale, insistait-il, est antimusicale ; l'évolution, le sentiment d'un „devenir“ est ce qu'il y a de plus important. » (« Entretien avec Richard Osborne », in livret de l'intégrale des symphonies de Beethoven, Teldec-Warner, 2000). Cette approche très ouverte de la musique l'aura marqué toute sa vie et, tant au clavier qu'à la baguette, Barenboim essaiera de suivre à la lettre l'enseignement paternel.
En 1952, la famille décide de s'installer en Israël, par idéal politique mais aussi pour se rapprocher de la vieille Europe, qui reste le point d'attraction privilégié pour la musique classique. Très doué, le jeune Daniel donne la même année, à dix ans, ses premiers concerts à Vienne et Rome. Paris l'entendra pour la première fois en 1955. Entre-temps, un autre événement capital s'est produit dans sa vie : à l'été de 1954, ses parents l'emmènent à Salzbourg suivre des masterclasses données par le chef Igor Markevitch. Là, Daniel a la chance de suivre des rép […]
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