4. Une personnalité extra-musicale
Barenboim s'est toujours voulu un artiste engagé. Naturalisé israélien très jeune, il s'est senti l'héritier de la tradition juive et reste habité par le souvenir de la Shoah. Il a pourtant eu très vite le courage de diriger en Allemagne et de s'impliquer dans ce lieu symbolique du nazisme que fut Bayreuth. De même, il milite activement pour un règlement pacifique du conflit au Proche-Orient. À cet égard, il a collaboré avec l'essayiste palestinien Edward Said (1935-2003), non seulement pour dialoguer (un livre en porte témoignage, Parallèles et paradoxes) mais aussi pour créer en 1999 le West-Eastern Diwan Orchestra, un orchestre symphonique qui réunit, outre des instrumentistes américains et européens, des musiciens israéliens et arabes, palestiniens entre autres. Leurs concerts sur cette terre âprement disputée (à Ramallah notamment) et à travers le monde portent témoignage de ce combat pacifiste et fraternel. Barenboim voulait, a-t-il affirmé « créer un forum où des jeunes gens de tous les pays du Moyen-Orient pourraient travailler la musique en analysant la relation entre les instruments comme une parabole de la construction d'une société » (interview au Figaro du 17 août 2006). Quelle que soit l'opinion que l'on a des qualités musicales de Barenboim, force est de constater que, sur ce plan, il se montre un artiste courageux et utile, allant jusqu'au bout de sa démarche d'interprète au service de la culture, de l'humanisme et de la paix.
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