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CRITIQUE DE LA RAISON PURE, livre de Emmanuel Kant

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2.  Enjeux d'interprétation

La portée historique de la Critique de la raison pure est considérable. Kant entend désormais par « métaphysique » la science des limites et des fins de la raison et, localement, la partie rationnelle d'une science (connaissance par les seuls concepts a priori) – c'est en ce sens qu'il parle de « métaphysique de la nature », ou encore de Métaphysique des mœurs. Renouvelant complètement un thème très ancien, la « méthodologie transcendantale », dans la dernière partie de l'ouvrage, distingue soigneusement, à partir d'une réflexion sur la croyance, « l'opinion, la foi et le savoir ». La métaphysique classique, critique des preuves de l'existence de Dieu, n'a plus lieu d'être, d'où de profondes conséquences pour la théologie et la philosophie modernes, comme pour la naissance des « sciences humaines ».

La « révolution copernicienne » opérée par le kantisme apparaît comme le point d'orgue de la pensée des Lumières. À ce titre, elle tiendra le rôle de pensée quasi officielle en France au xixe siècle (Jules Barni par exemple, l'un des premiers traducteurs de Kant, a été proche conseiller de Gambetta). La Critique de la raison pure a enfin connu un sort particulier en Allemagne, avec le néo-kantisme dit de l'école de Marbourg ; en réaction à cette lecture incarnée à ses yeux principalement par Ernst Cassirer et qu'il jugeait trop épistémologique, Heidegger a soutenu, dans Kant et le problème de la métaphysique (1929), que « Kant ne remplace pas la métaphysique par une théorie de la connaissance, mais s'interroge sur la possibilité intrinsèque de l'ontologie ». La révolution kantienne est ici interprétée comme démonstration de la « finitude » de l'esprit humain, et primat de « l'imagination transcendantale » sur la raison. Ce déplacement ne serait assumé au fond que par Heidegger lui-même, et la deuxième édition de la Critique témoignerait d'un recul de Kant, préparant le systématisme de la philosophie allemande après lui, à travers notamment « l'idéalisme absolu » de Hegel. Ainsi la postérité de l'œuvre est-elle au moins triple, avec l'idéalisme post-kantien, le criticisme néo-kantien, et le projet heideggerien de déconstruction de la métaphysique...

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