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CONFUCIUS & CONFUCIANISME

Deux millénaires et demi durant, ou peu s'en faut, la pensée, la fable et l'influence de Kongzi, notre Confucius, ont formé une grande part des Chinois, des Coréens, des Vietnamiens, des Japonais et jusqu'à certains Européens. Si même on la compare à celle de Mahomet ou du Bouddha, la marque de ce moraliste semble exceptionnellement tenace :

Il ne parla qu'en sage, et jamais en prophète Cependant on le crut, et même en son pays.

Voltaire avait raison : il est vrai qu'on le crut, hélas, au lieu de s'en inspirer. Au milieu du xxe siècle, notamment, à l'heure même où le président Mao vouait le vieux maître aux gémonies, alors que dans Comment devenir un bon communiste ?Liu Shaoqi se référait aux empereurs modèles de la doctrine, Yao et Shun, une société d'études confucéennes, un peu naïve peut-être, mais à plus d'un égard digne de sympathie, s'organisait discrètement à Genève, sous l'impulsion d'un citoyen suisse. Si peu nombreuse qu'on la sût, et si peu efficace, on remarquait avec des sentiments mêlés qu'elle écrivait à ses correspondants en restaurant un comput censément confucéen. Vers le même temps, le sinologue américain Herr […]

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Autres références

« CONFUCIUS & CONFUCIANISME » est également traité dans :

BOUDDHISME (Les grandes traditions) - Bouddhisme japonais

Auteur :  Jean-Noël ROBERT

Dans le chapitre "Le prince Shōtoku" : …  de cette « constitution » ; l'harmonie (wa) qui y est prônée est une notion avant tout *confucianiste et des travaux ont mis en lumière des influences taoïstes qui ont joué sur elle. La tradition attribue au prince Shōtoku la construction de sept temples, dont il ne faut probablement retenir que le Hōryū-ji, mais surtout la paternité de… Lire la suite
CAODAÏSME

Auteur :  Paul LÉVY

au bouddhisme, particulièrement la doctrine de la réincarnation, mais doit aussi au taoïsme, au *confucianisme, au christianisme. Il s'apparente d'autre part au spiritisme et à la théosophie. La religion caodaïste fut fondée en 1919 par Ngô Van Chiêu, délégué administratif pour l'île de Phu Quôc, dans le golfe de Siam. Adepte du taoïsme,… Lire la suite
CHINE - Histoire jusqu'en 1949

Auteurs :  Jean CHESNEAUXJacques GERNET

Dans le chapitre "La vie intellectuelle" : …  dit du « style antique » (guwen). Cette réaction, qui contribuera à la formation du « néo-*confucianisme » des xie-xiie siècles, a pour effets plus immédiats une proscription de tous les cultes étrangers au cours des années 843-845. Malgré sa puissance, le bouddhisme a beaucoup à souffrir de cette… Lire la suite
CHINE - Droit

Auteur :  Jean-Pierre CABESTAN

Dans le chapitre "Le poids du passé" : …  positif. Cette tradition a été façonnée par trois courants de pensée d'inégale importance : le *confucianisme tout d'abord, le légisme et enfin le taoïsme. Les confucéens, dont les idées ont progressivement dominé la vie politique de l'Empire, préfèrent au gouvernement par la loi le gouvernement par l'exemple. Le souverain et les hommes… Lire la suite
CHINOISE (CIVILISATION) - Symbolisme traditionnel et religions populaires

Auteurs :  Maxime KALTENMARKMichel SOYMIÉ

Dans le chapitre "Conceptions morales et politiques" : …  filiale fut considérée comme le fondement de toute morale non seulement privée mais aussi publique. *Confucius comparait le bon souverain à l'étoile polaire qui reste immuable alors que les autres astres tournent autour d'elle : cette métaphore illustre l'idéal politique des anciens Chinois, selon lequel le souverain fait régner l'ordre par… Lire la suite

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Bibliographie

Principaux classiques chinois

Traduction française avec texte chinois juxtapaginaire : Chou King, trad. S. Couvreur, réimpr., Paris, 1950

Cheu king, trad. S. Couvreur, 2e éd., Ho-kien-fou, 1896, et réimpr. ultér.

Tch'ouen Ts'iou et Tso Tchouan, 3 vol., réimpr., Paris, 1951

Li ki, trad. S. Couvreur, qui donna également les Sseu chou du néo-confucianisme Lun yu, Mengzi (Mencius), Da xue et Zhong yong, Sien Hsien, 1930, réimpr., Paris, 1979

Pour le Yi jing, la traduction française de C. de Harlez est passable, mais mieux vaut lire The Yi King, in Sacred Books of the East, trad. J. Legge, t. XVI, Oxford, 1882, en se rappelant que toute interprétation ne peut être que très hasardeuse

Ta tai li ki, trad. B. Grynpas, Bruxelles, 1967

Lun yu, in The Confucian Analects, trad. A. Waley, Londres, 1938, réimpr., 1945.

Pour le texte chinois seul des « treize classiques », voir le volume assez maniable Shi san jing, Shanghai, s.d.

Confucius

H. G. Creel, Confucius. The Man and the Myth, New York, 1949

Etiemble, Confucius : Maître K'ong, Gallimard, éd. rev. 1986

A. Rygaloff, Confucius, Paris, 1946.

Le confucianisme dans la pensée antique

Fung Yu-lan, A History of Chinese Philosophy, trad. D. Bodde, 2 vol., Princeton, 1952-1953

résumé en français : Précis d'histoire de la philosophie chinoise, Paris, 1952

M. Granet, La Pensée chinoise, réimpr., Paris, 1968, rééd. Albin Michel 1980

A. Waley, Trois Courants de la pensée chinoise antique, Paris, 1949.

La vie légendaire

E. Chavannes, trad., Mémoires historiques de Se-ma Ts'ien, 5 vol., Paris, 1905, rééd. J. Maisonneuve, 1969

M. Granet, Danses et légendes de la Chine ancienne, Paris, 1926.

Le taoïsme

Les textes du taoïsme peuvent se lire avec texte chinois juxtapaginaire dans Les Pères du système taoïste, Ho-kien-fou, 1913, réimpr., Paris, 1951 (mais la traduction du P. Wieger est incomplète et tendancieuse)

Mieux vaut lire le Dao de jing dans la version de J. J. L. Duyvendak, avec texte chinois et notes critiques, Paris, 1943, ou dans celle de Liou Kia-Hway, Paris, 1967

Pour Lie-tseu, voir A. C. Graham, The Book of Lieh-tzu, Londres, 1973

Pour le Zhuangzi, les meilleures traductions sont celles de B. Watson, en anglais, The Complete Works of Chuang Tzu, New York-Londres, 1968, et W. Jablonski en polonais : Czuang-tsy, Varsovie, 1953, et de Liou Kia-Hway, Paris, 1969

Philosophes taoïstes, Lao-tseu, Tchouang-tseu, Lie-tseu, Avant-propos, Préface et bibliographie par Etiemble. Textes traduits, présentés et annotés par Liou Kia-hway et B. Grynpas, relus par P. Demiéville, Etiemble et M. Kaltenmark, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, 1980. Cette édition, qui diffère considérablement des trois textes publiés séparément dans Connaissance de l'Orient, est désormais celle qu'il convient de consulter pour étudier les rapports entre la pensée de Maître K'ong et celle des taoïstes

K. Schipper, Le Corps taoïste, Paris, 1982, capital pour comprendre le taoïsme tel qu'il est encore vécu.

Xunzi, les sophistes et les légistes chinois

The Works of Hsun-tze, trad. H. Dubs, Londres, 1928

I. Kou Pao-koh, Deux Sophistes chinois, Houei Che et Kong-souen Long, Paris, 1953

Pour les légistes, outre les traductions de J. J. L. Duyvendak : The Book of Lord Shang, Londres, 1928

depuis lors, traduit en français par J. Lévi, Le Livre du prince Shang, Paris, 1981

et ce que W. K. Liao a publié de Han Feizi, Londres, 1928, le bon livre de L. Vandermeersch, La Formation du légisme. Recherche sur la constitution d'une philosophie politique de la Chine ancienne, Paris, 1965, réimpr. 1988.

Le système des examens

Traité des examens, trad. R. Des Rotours, Paris, 1932

Traité des fonctionnaires et traité de l'armée, trad. R. Des Rotours, 2 vol., Leyde, 1947-1948.

Le néo-confucianisme

Outre le traité de Fung Yu-lan cité ci-dessus, on lira Chow Yih-ching, La Philosophie morale dans le néo-confucianisme (Tcheou Touen-yi), Paris, 1954

Pang Ching-jen, L'Idée de Dieu chez Malebranche et l'idée de Li chez Tchou Hi, Paris, 1942

G. E. Sargent, Tchou Hi contre le bouddhisme, Paris, 1955

A. F. Wright et al., Studies in Chinese Thought, Chicago, 1953, qui précisent les études d'ensemble de S. Le Gall, Le Philosophe Tchou Hi, Shanghai, 1894, et C. de Harlez, Tchu Hi, His Doctrine and His Influence, paru en réponse à Le Gall, Louvain, 1896.Depuis 1955, on a beaucoup travaillé sur le néo-confucianisme, ce dont témoigne l'article de J. Gernet, « Techniques de recueillement, religion et philosophie : à propos du Jingzuo néo-confucéen », in Bulletin de l'École française d'Extrême-Orient, t. LXIX, À la mémoire de Paul Demiéville (1894-1979), pp. 289-305, où l'on trouvera, p. 292, no 9, une indispensable bibliographie des travaux parus de 1955 à 1979, et relatifs, notamment, à la quasi inextricable question des rapports entre le « recueillement accroupi » des néo-confucéens, de certains d'entre eux du moins (le jingzuo), et le « tch'an [chan] accroupi » des bouddhistes.

La diffusion du confucianisme

R. C. Armstrong, Light From the East, Toronto, 1914 (sur le confucianisme au Japon)

Etiemble, L'Orient philosophique, 3 vol., Paris, 1957-1959

P. Huard & M. Durand, Connaissance du Vietnam, Hanoi, 1954

V. Pinot, La Chine et la formation de l'esprit philosophique en France, 1640-1740, Paris, 1932, réimpr. Slatkine 1979

J. J. Spae, « Itō Jinsai, a Philosopher, Educator and Sinologist of the Tokugawa Period », in Monumenta Serica, monograph XII, Peiping (Pékin), 1948

L. Youn Eul Sou, Le Confucianisme en Corée, Paris, 1939.

Les interprétations modernes

Chen Huan-chang, The Economic Principles of Confucius and His School, New York, 1911 (qui reprend certaines idées de Kang Youwei)

Hu Shih, « The Establishment of Confucianism as a State Religion During the Han Dynasty », in Journ. China Branch of the Royal Asiatic Society, Shanghai, 1929

A. Cheng, Étude sur le confucianisme Han, Collège de France, 1985

À la veille de la période des « cent fleurs » paraissait à Shanghai un essai de Li Zhangzhi, qui conclut que « l'apport de Confucius à la civilisation est peu important. C'est le grand mouvement populaire de la vertu qui commande le développement social. » Ce que disant, on nie Confucius en s'inspirant de son idée centrale : la vertu irradie.

Les saturnales de la « révolution culturelle »

En guise d'introduction, un bilan de la situation un peu avant ladite « révo cul » : J. R. Levenson, Confucian China and its Modern Fate, Berkeley-Los Angeles, 1958, en livre de poche, New York, 1964.Pour suivre le délire d'interprétation, consulter la collection de Pékin Information et les ouvrages de quelques « maos » français particulièrement de pointe : P. H. Sollers, « La Lutte philosophique dans la Chine révolutionnaire », in Tel Quel, no 48-49, pp. 125-132, printemps 1972. Quelques thèses : « La Chine sans Confucius », in Tel Quel, no 59, pp. 10-18, automne 1974, en fut le porte-parole, le haut-parleur le plus illustre

tous les autres lui emboîtent le faux pas.Voir aussi un ensemble de documents chinois traduits en français : Critique de Lin Piao et de Confucius, Lausanne, 1975.Pour un bilan sérieux de ces débats, consulter : M. Gálik, « Controversies about Confucius and confucianism in China (1898-1978) », in Asian and African Studies, vol. XVIII, 1982, pp. 171-186.Quant à la réalité qui se dissimule sous ces saturnales et ces délires verbaux, elle s'exprime dans divers ouvrages parmi lesquels il faut citer : Chen Jo-hsi, Le Préfet Yin, et autres histoires de la révolution culturelle, traduction et introduction de S. Leys, Paris, 1979

Révo cul dans la Chine pop, anthologie de la presse des gardes rouges, 10

18, Paris, 1974. On peut encore lire les témoignages d'un savant chinois et d'un Français qui connurent les prisons et les camps pour « confucéens » (le mot qui tuait) : Lo Ta-kang, La Stèle blanche, poèmes écrits en français, présentés par Etiemble dans La Nouvelle Revue française, pp. 177-191, sept. 1981

J. Pasqualini, Prisonnier de Mao, Paris, 1975

enfin, le témoignage de deux « maos » repentis : C. & J. Broyelle, Deuxième Retour de Chine, Paris, 1977

Apocalypse Mao, Paris, 1980.Toute cette campagne délirante n'empêche pas Confucius de trouver en France les lecteurs qu'il mérite et que lui refuse encore son propre pays : A. Cheng, Entretiens de Confucius, Paris, 1981

P. Ryckmans, Les Entretiens de Confucius, Gallimard, 1989.

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