Les renseignements qui concernent les débuts du polémiste Yao Wenyuan, l'un des membres de la bande des Quatre, sont très lacunaires. On sait seulement qu'il a été élevé dans un climat intellectuel, car son père, Yao Bengzi, était un écrivain engagé des années 1930, proche d'auteurs de renom tels Laoshe, Bajin et Maodun, et que lui-même s'est vraisemblablement inscrit au Parti communiste vers 1951. Attiré par la critique littéraire et théâtrale, Yao Wenyuan débute dans le journalisme, au Yuebao (Le Mois artistique et littéraire) de Shanghai, dont Bajin est rédacteur en chef. Dès lors, Yao Wenyuan participe activement à une série de campagnes antidroitières coïncidant avec les Cent Fleurs et, en 1957, il cloue au pilori plusieurs écrivains de renom (notamment Hu Feng, Ding Ling, Feng Xuefeng). En 1960, une nouvelle campagne contre les « écrivains révisionnistes » accusés de tiédeur créatrice (Wang Shuming, Baren) fait de Yao Wenyuan un censeur implacable et lui permet d'entrer au Quotidien Libération de Shanghai, le seul centre culturel rivalisant avec Pékin. Son influence, déjà considérable, croît soudainement en 1965 du fait des relations étroites qu'il entretient avec Mao Zedong et son épouse Jiang Qing à la veille de la grande révolution culturelle prolétarienne : du Hongqi (Drapeau rouge) au Wen hui bao, Yao Wenyuan se déchaîne contre les intellectuels de la bureaucratie du Parti communiste chinois, les accusant de se dresser contre la ligne maoïste ; il rejoint en cela les critiques formulées par Jiang Qing, leurs accusations atteignant souvent les mêmes écrivains. Peng Zhen, le maire de Pékin, défenseur de l'auteur Wu Han, auteur de la fameuse pièce La Destitution de Hai Rui, fait l'objet de violentes critiques, attaques qui préludent à l'épuration de Liu Shaoqi dont l'influence est jugée néfaste et réactionnaire.
La révolution culturelle qui l'a poussé sur le devant de la scène politique fait de Yao Wenyuan le promoteur des directives du mouvement et le critique autorisé […]
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